Catamaran au mouillage devant la silhouette d'une montagne, au coucher du soleil, à l'île Maurice

Île Maurice en juin : météo, alizés et la saison du vent

Que faire à Maurice (saisonnier) Romuald Rousseaux 10 min

En France, le vent est un accident : il se lève, il dérange, il repart. À l’île Maurice à partir de juin, c’est une institution, à peu près comme le mistral en Provence, à deux différences près. Il ne rend personne nerveux, et il souffle presque tous les jours pendant six mois.

Cet alizé de sud-est est l’événement du mois, et il explique tout le reste : juin ouvre l’hiver austral et, avec lui, la saison du sport. Comptez 20 à 25 degrés sur les côtes, un air sec, très peu de pluie, une eau de lagon autour de 24 degrés, et un vent régulier qui coupe l’île en deux. Savoir de quel côté de cette coupure vous voulez être est la seule décision qui compte pour un séjour en juin.

La question à se poser avant de réserver

Venez-vous pour bouger ou pour vous poser ? En juin, ces deux réponses n’envoient pas au même endroit : le sud-ouest et l’est pour la glisse, le nord et l’ouest pour le lagon calme. Choisir la mauvaise côte est la seule vraie erreur possible ce mois-ci.

Quelle météo à l’île Maurice en juin ?

Juin est le premier mois plein de l’hiver austral, et le changement par rapport à l’été se sent dès l’arrivée à l’aéroport.

Les températures diurnes tournent entre 20 et 25 degrés sur le littoral. Les nuits descendent vers 17 ou 18 degrés, parfois moins, et l’on dort la fenêtre fermée. C’est le premier mois de l’année où l’on sort un pull le soir sans avoir l’air ridicule.

L’air est sec, et c’est le vrai luxe du mois. La différence avec février ne tient pas aux quelques degrés d’écart mais à l’humidité, qui a chuté. On marche sans transpirer, on visite tout l’après-midi, on dort mieux.

La pluie se raréfie franchement sur le nord et l’ouest. La côte est et le plateau central reçoivent en revanche un crachin porté par le vent, fin, intermittent, qui ne ressemble en rien aux grains d’été. À Curepipe ou à Vacoas, retirez encore quatre à cinq degrés et prévoyez une laine : le plateau en juin, c’est un autre pays que Grand-Baie.

L’eau du lagon descend autour de 24 degrés. On s’y baigne très bien, mais la sensation change : on n’y reste plus trois heures comme en février, et les enfants sortent plus souvent se réchauffer au soleil.

Enfin, la saison cyclonique est terminée depuis le 30 avril. Juin est l’un des mois les plus sûrs de l’année sur le plan météorologique.

L’alizé de sud-est, mode d’emploi

Il souffle du sud-est, il est installé de mai à octobre, et il a un rythme assez prévisible : faible au petit matin, il monte en fin de matinée, atteint son maximum au milieu de l’après-midi, puis retombe en fin de journée. Cette régularité est précisément ce qui en fait une ressource sportive et non une gêne.

Il partage l’île en deux zones très différentes, et c’est la carte la plus utile à avoir en tête :

Au vent, la côte est et le sud-est, de Belle Mare à Trou d’Eau Douce et jusqu’à Mahébourg. Le vent y arrive directement de l’océan. C’est magnifique, c’est vivifiant, et c’est nettement plus frais. Une famille qui réserve Belle Mare en juin en imaginant des journées entières dans l’eau se retrouve avec des enfants qui grelottent au bout d’une demi-heure.

Sous le vent, le nord et l’ouest : Grand-Baie, Trou-aux-Biches, Mon Choisy, Flic-en-Flac, Tamarin. L’île fait écran, le lagon reste plat, la sensation de chaleur est supérieure à conditions égales. Si vous venez pour la plage et la détente, c’est là qu’il faut dormir.

Catamaran au mouillage devant la silhouette d'une montagne, au coucher du soleil, à l'île Maurice
Le vent tombe en fin de journée. C’est le créneau des sorties en catamaran et la raison pour laquelle les couchers de soleil de juin sont les plus nets de l’année : l’air est sec, l’horizon est propre.

Le vent selon ce que vous venez faire

Plutôt qu’un catalogue d’activités, voici la même information rangée par intention. C’est ainsi que je la donne à mes clients quand ils me demandent où poser leurs valises en juin.

L'alizé de sud-est souffle de mai à octobre. Il ne se subit pas : il se choisit. Voici où aller selon ce que vous venez faire.

  • Kitesurf et plancheLe Morne, sud-ouestLagon vaste, peu profond, abrité par le récif. Le vent monte en fin de matinée et forcit l'après-midi. Écoles et location sur place.
  • SurfTamarin, ouestLa houle australe remonte en hiver. Vague d'initiés, localité réelle : passez par une école avant de vous mettre à l'eau.
  • Voile et catamaranOuest et nordSorties le matin, avant que ça ne forcisse, ou en fin de journée quand le vent retombe.
  • Plage et lagon calmeNord et ouest, sous le ventDe Flic-en-Flac à Grand-Baie, l'île fait écran. Eau plate, plus de soleil, sensation de chaleur supérieure à conditions égales.
  • PlongéeNord et ouestEau plus claire qu'en été, plus fraîche aussi : combinaison recommandée. Les sorties de la côte est sautent quand le vent forcit.
  • RandonnéePartout, intérieur des terresL'air sec ouvre la meilleure saison de marche de l'année, de juin à octobre. Le vent rafraîchit au lieu de gêner.

La règle tient en une phrase : côte est et sud-est au vent, nord et ouest sous le vent. Choisir la mauvaise façade est la seule vraie erreur possible en hiver austral.

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Kitesurf, planche et surf : juin ouvre la saison

C’est la période que les sportifs attendent, et elle n’a rien d’anecdotique : elle fait venir sur l’île une population de pratiquants qui ne serait jamais venue pour un lagon turquoise.

Le kitesurf et la planche à voile se concentrent sur la péninsule du Morne, au sud-ouest. Le lagon y est vaste, peu profond et abrité par le récif : c’est ce qui pardonne beaucoup aux débutants et ce qui a fait la réputation mondiale du spot. Juste au large, la vague de One Eye est un terrain d’experts, et elle se regarde depuis la plage sans aucune honte.

Le surf profite de la houle australe qui remonte de l’océan Indien sud en hiver. Tamarin, sur la côte ouest, est le spot historique de l’île. Ce n’est pas une vague de débutant et la localité y est réelle : renseignez-vous auprès d’une école avant de vous mettre à l’eau au milieu de gens qui surfent ici depuis vingt ans.

La voile et le catamaran tirent parti du même vent. Les sorties partent en général le matin, avant que ça ne forcisse, et rentrent en début d’après-midi.

Voici la vidéo qui accompagnait cet article à l’origine, pour vous donner une idée du décor.

Le matériel

Toutes les écoles louent sur place et il est inutile d’emporter votre matériel si vous ne pratiquez pas déjà à haut niveau. En revanche, prévoyez un lycra manches longues et une combinaison fine : à 24 degrés d’eau et avec le vent, une session de trois heures refroidit franchement.

Ce que le vent ne gêne pas du tout

Le sport n’est pas la seule raison de venir en juin. L’air sec ouvre tout ce qui suppose de rester dehors, et c’est le vrai cadeau du mois.

La randonnée entre dans sa meilleure saison. Le Morne Brabant, les gorges de la Rivière Noire, la Vallée de Ferney, le sentier de la Tourelle du Tamarin : de juin à octobre, on marche sans être vaincu par la chaleur, ce qui est impossible en février. C’est aussi la période où la végétation est la moins agressive et les sentiers les plus praticables.

La plongée reste bonne côté nord et ouest. L’eau est plus claire qu’en été, les pluies ayant cessé de charger le lagon en particules près des embouchures. Elle est plus fraîche, donc prévoyez une combinaison, et les sorties du côté est peuvent être annulées quand le vent forcit.

Les visites et la route redeviennent confortables. Port-Louis, l’Aapravasi Ghat classé par l’UNESCO, le marché central, Chamarel, le sud sauvage de Souillac : tout ce qui demande plusieurs heures dehors se fait sans souffrance en juin.

Sur les étals, ce sont les légumes d’hiver, les brèdes, les agrumes et les goyaves de Chine. Les mangues et les letchis, eux, sont des fruits d’été : n’attendez pas d’en trouver.

Randonneuse au sommet d'un relief verdoyant de l'île Maurice, vue sur la vallée et l'océan au coucher du soleil
De juin à octobre, la marche redevient possible aux heures normales. C’est la saison où l’on découvre que l’intérieur de l’île vaut ses plages.

Où dormir en juin si vous ne faites pas de sport

La réponse est simple et elle vaut de l’argent : sur la façade abritée, entre Flic-en-Flac au sud-ouest et Grand-Baie au nord.

Vous y trouverez un lagon plat, plus de soleil, moins de crachin, et une sensation de chaleur supérieure de plusieurs degrés à ce que vous vivriez sur la côte est le même jour. Les mêmes hôtels, à la même date, offrent deux séjours différents selon leur exposition, et c’est un paramètre dont les brochures ne parlent presque jamais.

Si le confort de l’eau prime sur tout, sachez que le bassin d’un hôtel est souvent chauffé alors que le lagon ne l’est pas. Ce n’est pas glorieux à écrire, mais en juin, avec des enfants, cela change une semaine.

Pirogues de pêcheurs échouées sur une plage abritée de l'île Maurice, montagne en arrière-plan
Sous le vent, le lagon reste plat toute la journée. C’est la même île, à la même date, que sur la côte est : seule l’exposition change.
Bassin à débordement face au lagon et à la barrière de corail, île Maurice
À 24 degrés d’eau, un bassin chauffé n’est plus un caprice. C’est un critère de choix d’hôtel en juin, et il se demande avant de réserver.

Juin côté affluence et prix

Juin est un creux, pour une raison mécanique : il ne correspond à aucune vacance scolaire européenne, il est coincé entre les ponts de mai et le grand départ de juillet, et il ne porte aucun jour férié mauricien. Le mois est vide de dates obligées.

Vous trouverez donc des tarifs aériens et hôteliers parmi les plus bas de l’année, des plages où l’on marche longtemps sans croiser personne, des excursions qui partent avec quelques passagers, et des tables disponibles le soir même. Je ne vous donnerai pas de montants que je ne peux pas garantir, mais cette mécanique-là ne bouge pas d’une année sur l’autre.

Une seule chose commence à peine en juin : les baleines à bosse. Les premières remontent parfois en toute fin de mois, mais la vraie fenêtre s’ouvre en juillet et culmine en août et septembre. Si c’est votre motif principal, décalez, et lisez l’article sur l’observation des dauphins et des baleines avant de choisir un opérateur. Pour comparer juin aux autres fenêtres de l’année, quand partir à l’île Maurice met les douze mois côte à côte.

Juin pour un repérage immobilier

Le vent qui fait le sport fait aussi les maisons, et c’est le point que je veux vous laisser si vous envisagez d’acheter ici.

Une villa exposée plein sud-est reçoit l’alizé six mois par an. Cela veut dire un salon frais et agréable en été, et une terrasse inutilisable certains après-midi d’hiver. Cela veut dire aussi du sel sur les menuiseries, sur les grilles, sur les climatiseurs, et un entretien qui n’a rien de théorique. À l’inverse, une maison protégée par un relief peut devenir étouffante en février faute de courant d’air.

Venez en juin et posez-vous une heure sur la terrasse du bien que vous visitez, l’après-midi, quand le vent est au maximum. Vous saurez immédiatement ce que les photos ne diront jamais. Puis revenez en février, quand l’air ne bouge plus, pour vérifier l’autre extrême : c’est en croisant les deux visites que l’on achète sans se tromper.

Vos questions sur l’île Maurice en juin

Quel temps fait-il à l'île Maurice en juin ?

Entre 20 et 25 degrés sur les côtes en journée, avec des nuits autour de 17 ou 18 degrés. L'air est sec, la pluie rare sur le nord et l'ouest, et un crachin d'alizé arrose la côte est et le plateau central. Sur le plateau, retirez encore quatre à cinq degrés et emportez une laine.

Fait-il trop froid pour se baigner en juin ?

Non. Le lagon est autour de 24 degrés, ce qui reste très confortable, mais la sensation change : on n'y reste plus des heures comme en février et les enfants sortent plus souvent se réchauffer. Si vous voyagez avec des enfants, demandez avant de réserver si le bassin de l'hôtel est chauffé. En juin, ce n'est pas un caprice.

Où faut-il loger à l'île Maurice en juin ?

Sur la façade sous le vent, c'est-à-dire le nord et l'ouest, de Flic-en-Flac à Grand-Baie en passant par Trou-aux-Biches. L'île fait écran à l'alizé de sud-est, le lagon reste plat et la sensation de chaleur est supérieure de plusieurs degrés à celle de la côte est le même jour. La côte est et le sud-est, magnifiques, sont nettement plus frais et plus ventés à cette période.

Juin est-il une bonne période pour le kitesurf à l'île Maurice ?

Oui, c'est le début de la saison. L'alizé de sud-est est installé de mai à octobre et souffle avec une régularité rare, en montant en fin de matinée pour culminer l'après-midi. La péninsule du Morne, au sud-ouest, offre un lagon vaste et peu profond qui pardonne beaucoup aux débutants, avec des écoles et de la location sur place.

Y a-t-il des cyclones en juin à l'île Maurice ?

Non. La saison cyclonique s'est officiellement achevée le 30 avril. Juin est l'un des mois les plus sûrs et les plus stables de l'année sur le plan météorologique.

Peut-on voir des baleines en juin ?

Rarement. Les premières baleines à bosse remontent parfois en toute fin de mois, mais la fenêtre s'ouvre vraiment en juillet et culmine en août et en septembre. Si l'observation des baleines est votre motif principal, décalez votre séjour. Les dauphins, eux, sont présents toute l'année sur la côte ouest.

Y a-t-il des jours fériés en juin à l'île Maurice ?

Aucun. Juin est le seul mois de l'année totalement vide au calendrier des jours fériés mauriciens. C'est une bonne nouvelle si votre séjour sert à faire des démarches : banques, administrations, notaires et écoles fonctionnent sans interruption tout le mois.

Juin est le mois que je recommande à ceux qui n’aiment pas rester assis. Il ne fait pas rêver sur une photo, il ne remplit pas les avions, et c’est précisément pour cela qu’il est bon : une île sèche, ventée, vide, où l’on marche et où l’on navigue. Dites-moi si vous venez pour bouger ou pour vous poser, et je vous dirai de quel côté de l’île loger. Expat un jour, expat toujours, et ici on finit tous par savoir lire le vent.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.