Beaucoup de mes clients arrivent en cherchant ce que coûte l’impôt foncier à l’île Maurice. Ils cherchent quelque chose qui n’existe pas.
L’équivalent de la taxe foncière française, celle qui tombe chaque année dans votre boîte aux lettres parce que vous possédez un logement, n’a pas d’équivalent ici pour une résidence détenue par un particulier. Ce n’est pas un vide juridique ni une astuce : c’est simplement une autre façon d’organiser l’impôt. Maurice taxe peu la détention et davantage le flux, c’est-à-dire ce que votre bien vous rapporte.
Ce qui compte, du coup, ce n’est pas de chercher une taxe annuelle. C’est de savoir à quels moments précis l’impôt intervient dans la vie de votre investissement. Il y en a exactement quatre : quand vous achetez, quand vous louez, quand vous revendez, et quand vous transmettez. Voici ce qui se passe à chacun.

Quand vous achetez : les droits d’enregistrement
C’est le seul moment où vous payez une somme significative à l’État mauricien au titre de votre bien.
L’acquéreur acquitte des droits d’enregistrement, assis sur la valeur du bien, et le vendeur supporte de son côté une taxe sur le transfert de propriété. Ces prélèvements sont réputés modérés en comparaison de ce qui se pratique en Europe, et c’est l’un des arguments réels du marché mauricien.
Je ne vous donnerai pas de taux à la décimale près, pour une raison simple : ils varient selon la nature de l’opération, le dispositif dans lequel le bien s’inscrit, et ils sont révisés au fil des lois de finances. Un chiffre lu sur un blog, y compris celui-ci, ne vaut rien le jour de votre signature. Ce que je vous conseille, c’est de demander à votre notaire un décompte écrit de tous les frais avant de signer le compromis.
Pour vous donner un ordre de grandeur budgétaire, comptez l’ensemble des frais d’acquisition, droits et honoraires compris, autour de 10 à 15 % du prix selon l’opération. C’est la fourchette que j’utilise avec mes clients pour bâtir un plan de financement, et elle est volontairement large.
Chaque année : ce que vous payez, et ce que vous ne payez pas
C’est le point qui surprend le plus les Français, alors soyons clairs.
Il n’existe pas, pour une résidence détenue par un particulier, d’impôt annuel comparable à la taxe foncière ou à la taxe d’habitation française. Vous ne recevez pas d’avis d’imposition parce que vous possédez une villa. Il n’existe pas non plus d’impôt sur la fortune immobilière.
Attention toutefois à ne pas en tirer une conclusion trop large. Des prélèvements locaux ou particuliers peuvent exister selon la nature du bien, sa situation ou son mode de détention, et le régime d’un bien détenu par une société n’est pas celui d’un bien détenu en nom propre. Là encore, c’est une question à poser à votre notaire pour votre cas précis, plutôt qu’une règle générale à retenir.
Ce qui pèse réellement sur votre budget annuel, ce sont les charges : copropriété, sécurité, entretien des espaces verts, piscine, et le coût d’entretien du bâti sous un climat qui use vite. J’en parle en détail dans l’article consacré aux vrais risques de l’investissement ici, parce que c’est là que se logent les mauvaises surprises, pas dans l’impôt.
Quand vous louez : le taux unique de 15 %
Vos revenus locatifs mauriciens sont imposés à Maurice au taux forfaitaire de 15 %, qui est le taux général de l’impôt sur le revenu dans le pays. Il n’y a pas de barème progressif à plusieurs tranches comme en France : un taux, et c’est tout.
C’est une différence de nature avec la fiscalité française, où un revenu foncier s’ajoute à vos autres revenus et se voit appliquer votre tranche marginale, à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux. Un investisseur français fortement imposé chez lui mesure immédiatement l’écart.
Deux précisions qui comptent. D’abord, ce taux s’applique à un revenu net : les charges liées au bien sont déductibles, et la façon de les documenter mérite d’être organisée dès la première année. Ensuite, ce taux ne dit rien de ce qui se passe dans votre pays de résidence fiscale, et c’est le sujet de la section suivante.
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Quand vous revendez : pas d’impôt sur la plus-value
C’est l’avantage le plus souvent cité, et il est exact : la plus-value réalisée lors de la revente d’un bien immobilier n’est pas imposée à Maurice. Vous vendez, l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente vous revient, sans prélèvement mauricien sur ce gain.
Je dois nuancer sur un point que la plupart des articles oublient. Cette absence d’imposition à Maurice ne préjuge pas de ce que votre pays de résidence fiscale décidera de faire de cette plus-value. Si vous êtes resté résident fiscal français, la question de son traitement en France se pose, et elle se règle avec un conseil, pas avec un article.
Et un mot de bon sens sur les plus-values : elles ne sont pas garanties. Le marché mauricien a été porteur ces dernières années, mais un bien mal choisi ou difficile à revendre ne produira aucune plus-value, quelle que soit la fiscalité qui s’y applique.

Quand vous transmettez : pas de droits de succession
L’île Maurice n’applique pas de droits de succession. Pour un patrimoine transmis à des enfants, l’écart avec la France est considérable, et c’est un argument que je vois peser lourd dans les décisions, souvent plus que le rendement locatif.
La même réserve s’applique : l’absence de droits à Maurice ne règle pas à elle seule la situation de vos héritiers si ceux-ci résident en France, ni les questions de droit civil applicable à votre succession. Un bien situé à Maurice détenu par une famille française appelle une organisation réfléchie, faite de votre vivant, avec un notaire des deux côtés.
Le tableau d’ensemble
Le calendrier fiscal de votre investissement à l'île Maurice
| À quel moment | Ce que Maurice prélève | Ordre de grandeur | Le point de vigilance |
|---|---|---|---|
| À l'achat | Droits d'enregistrement pour l'acquéreur, taxe de transfert pour le vendeur | Frais d'acquisition d'ensemble autour de 10 à 15 % du prix | Demandez un décompte écrit au notaire avant le compromis |
| Chaque année, détention | Pas d'équivalent de la taxe foncière sur une résidence détenue en nom propre | Sans objet | Le régime diffère si le bien est détenu par une société |
| Chaque année, patrimoine | Pas d'impôt sur la fortune immobilière | Sans objet | Votre pays de résidence fiscale peut avoir ses propres règles |
| Sur les loyers | Impôt sur le revenu à taux unique | 15 % sur le revenu net | Organisez la justification de vos charges dès la première année |
| À la revente | Aucun impôt sur la plus-value | Sans objet | Ne préjuge pas du traitement dans votre pays de résidence |
| À la transmission | Aucun droit de succession | Sans objet | Le droit civil applicable à votre succession reste à organiser |
| Chaque année, réellement | Charges de programme et entretien du bâti | Le poste le plus lourd du budget annuel | C'est ici que se logent les mauvaises surprises, pas dans l'impôt |
Ordres de grandeur destinés à raisonner, pas des taux applicables. La fiscalité mauricienne est révisée régulièrement : faites confirmer chaque chiffre par votre notaire ou un conseil fiscal à la date de votre opération.
La convention fiscale avec la France, et ce qu’elle ne dit pas
La France et Maurice sont liées par une convention destinée à éviter que le même revenu soit imposé deux fois. C’est une bonne chose et c’est un vrai facteur de sécurité.
En revanche, je veux corriger ici une affirmation que l’on lit régulièrement, et qui figurait dans la précédente version de cet article : la convention ne signifie pas que vos revenus immobiliers mauriciens seraient purement et simplement ignorés par le fisc français. Ce n’est pas ainsi que fonctionne une convention fiscale. Elle répartit le droit d’imposer entre les deux États, et prévoit un mécanisme d’élimination de la double imposition. Si vous êtes résident fiscal français, vous avez des obligations déclaratives en France sur vos revenus de source mauricienne, et le mécanisme conventionnel s’applique ensuite.
Dit autrement : la convention vous évite de payer deux fois, elle ne vous dispense pas de déclarer. Confondre les deux est une erreur qui se règle mal a posteriori.
La condition qu’on oublie : être vraiment résident fiscal ici
C’est le point qui ruine les montages mal conçus, et je le répète à chaque premier rendez-vous.
Profiter pleinement de la fiscalité mauricienne suppose d’être résident fiscal mauricien. Cela ne se décrète pas et cela ne s’achète pas avec une villa : cela suppose d’y vivre réellement, avec un critère de présence de plus de 183 jours par an, et d’y avoir déplacé le centre de vos intérêts. Un permis de résidence obtenu par l’investissement ouvre la porte ; il ne fait pas de vous un résident fiscal si vous continuez de vivre en France.
Ceux qui achètent ici en pensant réduire leur imposition française tout en restant à Paris se trompent de projet, et je le leur dis avant de leur vendre quoi que ce soit. Maurice n’est pas un montage, c’est un déménagement. J’ai développé ce point dans l’île Maurice est-elle un paradis fiscal, où j’explique aussi pourquoi la transparence du pays joue en votre faveur.
Pour savoir quels biens ouvrent effectivement un permis de résidence, et à partir de quel montant, le cadre est détaillé dans l’article sur le Property Development Scheme.
Sur ce sujet, j’ai également enregistré cette vidéo, qui reprend l’essentiel de ce que j’explique en rendez-vous.
Questions fréquentes sur la fiscalité immobilière à Maurice
Questions fréquentes sur la fiscalité immobilière à l'île Maurice
Y a-t-il une taxe foncière à l'île Maurice ?
Il n'existe pas, pour une résidence détenue par un particulier, d'impôt annuel comparable à la taxe foncière ou à la taxe d'habitation française. Il n'y a pas non plus d'impôt sur la fortune immobilière. Des prélèvements particuliers peuvent exister selon la nature du bien, sa situation ou son mode de détention, notamment si le bien appartient à une société : c'est une question à poser à votre notaire pour votre cas précis.
À combien sont imposés les revenus locatifs ?
Au taux forfaitaire de 15 %, qui est le taux général de l'impôt sur le revenu mauricien, appliqué au revenu net une fois les charges liées au bien déduites. Il n'y a pas de barème progressif à plusieurs tranches comme en France. Organisez la justification de vos charges dès la première année de location.
La plus-value est-elle imposée à la revente ?
Non, Maurice n'impose pas la plus-value immobilière. Attention toutefois : cette absence d'imposition à Maurice ne préjuge pas de ce que votre pays de résidence fiscale fera de ce gain. Si vous êtes resté résident fiscal français, la question se règle avec un conseil fiscal.
Que devient le bien en cas de succession ?
L'île Maurice n'applique pas de droits de succession, ce qui représente un écart considérable avec la France. Cela ne règle pas pour autant le droit civil applicable à votre succession, ni la situation d'héritiers résidant en France. Un bien mauricien détenu par une famille française s'organise de votre vivant, avec un notaire de chaque côté.
La convention fiscale franco-mauricienne me dispense-t-elle de déclarer en France ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Une convention fiscale répartit le droit d'imposer entre les deux États et prévoit un mécanisme d'élimination de la double imposition. Elle vous évite de payer deux fois, elle ne vous dispense pas de déclarer. Si vous êtes résident fiscal français, vous avez des obligations déclaratives sur vos revenus de source mauricienne.
Faut-il vivre à Maurice pour bénéficier de cette fiscalité ?
Oui, pour en bénéficier pleinement. La résidence fiscale mauricienne suppose une présence effective de plus de 183 jours par an et le déplacement du centre de vos intérêts. Un permis de résidence obtenu par l'investissement ouvre la porte, mais il ne fait pas de vous un résident fiscal si vous continuez de vivre en France.
Acheter via une société est-il plus avantageux ?
Cela dépend entièrement de votre situation, et c'est exactement le type de question qui ne se tranche pas dans un article. La détention par une société change le régime applicable, les obligations comptables et le traitement à la revente comme à la transmission. Faites établir une comparaison chiffrée des deux scénarios avant de choisir, plutôt que de suivre une recommandation générale.
Ce que je vous conseille
La fiscalité mauricienne est réellement légère, et il n’y a pas de piège caché : pas de taxe foncière annuelle sur votre résidence, un taux unique de 15 % sur vos loyers, pas d’impôt sur la plus-value, pas de droits de succession. Ces avantages sont écrits dans la loi d’un pays qui a fait le choix de la transparence, pas dans une zone grise.
Mais ne construisez pas votre projet sur la fiscalité. C’est un mauvais point de départ, et c’est le meilleur moyen d’acheter le mauvais bien. Les clients qui réussissent leur installation ici sont ceux qui sont venus pour un mode de vie et qui ont trouvé, en prime, un cadre fiscal favorable. Ceux qui viennent pour l’inverse repartent souvent au bout de deux ans, avec un bien à revendre sur un marché étroit.
Faites-vous accompagner, des deux côtés. Un notaire mauricien pour l’acquisition, un conseil fiscal en France pour votre situation personnelle. Cela coûte quelques centaines d’euros et cela évite des erreurs à cinq chiffres.
Et pour le reste, venez passer une semaine avec moi. Nous parlerons chiffres, bien sûr, mais vous verrez surtout si cette vie vous ressemble. C’est cela qui décide, et c’est cela qui fait qu’on reste. Expat un jour, expat toujours.
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