Vue aérienne d'un lagon turquoise et d'une plage de l'île Maurice sous les gros cumulus de l'été austral

Île Maurice en janvier : météo réelle, pluie et que faire

Que faire à Maurice (saisonnier) Romuald Rousseaux 9 min

« Il pleut en janvier à Maurice. » C’est vrai. C’est même le mois le plus arrosé de l’année avec février, et je ne vais pas vous raconter le contraire pour vous vendre un billet d’avion. Là où l’objection se trompe, c’est sur ce qu’elle imagine derrière le mot pluie.

Alors voici la réponse tout de suite : janvier est chaud, humide, et parfaitement vivable, à condition d’organiser vos journées autrement. Comptez 25 à 31 degrés, une eau de mer à son maximum annuel autour de 28 degrés, et des averses qui tombent fort et repartent vite. Ce que vous ne pourrez pas faire en janvier, ce n’est pas « profiter de l’île » : c’est faire du kitesurf et marcher en montagne à midi. Le reste tient debout.

Ce que janvier a de particulier

C’est le seul mois qui cumule trois choses : l’eau la plus chaude de l’année, la végétation à son maximum, et les grandes vacances scolaires mauriciennes. Vous ne verrez pas la même île en janvier et en septembre, et la différence ne tient pas qu’à la météo.

Quel temps fait-il vraiment à l’île Maurice en janvier ?

Nous sommes en plein été austral. Prenez votre janvier français et retournez-le : pendant que vous grattez votre pare-brise, je transpire en ouvrant l’agence.

Les températures diurnes tournent entre 25 et 31 degrés sur les côtes, et la nuit ne descend guère sous 24. C’est ce dernier chiffre qui surprend le plus mes clients : on s’attend à la chaleur du jour, rarement à des nuits qui ne rafraîchissent pas. Sur le plateau central, à Curepipe ou à Vacoas, retirez quatre à cinq degrés et ajoutez de la pluie. C’est une autre île, à vingt minutes de voiture.

L’eau du lagon est entre 27 et 28 degrés. Vous y restez une heure sans frissonner, ce qui n’est pas le cas en août. Pour un séjour familial avec de jeunes enfants, c’est un argument concret, et c’est probablement le meilleur que janvier possède.

L’humidité, elle, est le vrai sujet. Elle rend les 30 degrés de janvier plus éprouvants que les 30 degrés d’une journée sèche en France. On s’y fait, mais il faut trois ou quatre jours, et pendant ces trois ou quatre jours on est mou. Prévoyez-le dans votre programme plutôt que de le découvrir.

La pluie de janvier ne ressemble pas à la vôtre

Voilà le malentendu qu’il faut lever. Quand un Français lit « mois pluvieux », il pense à un ciel bas et gris qui bruine du matin au soir. Ici, ce n’est pas ce qui se passe.

Le grain tropical de janvier arrive par-dessus les montagnes, souvent en début d’après-midi. Le ciel noircit en un quart d’heure, il tombe des cordes, les caniveaux débordent, et vingt minutes à une heure plus tard c’est terminé. Le soleil revient, le sol fume, et l’air est enfin respirable. La pluie de janvier est un événement, pas un état.

Deuxième nuance, géographique celle-là, et elle vaut de l’argent : la pluie n’est pas répartie également sur l’île. Les reliefs du centre arrêtent les nuages venus du sud-est. Résultat, le plateau central et la côte est reçoivent beaucoup, tandis que la côte ouest, de Flic-en-Flac à Tamarin, reste nettement plus sèche. Si vous venez en janvier et que la pluie vous inquiète, dormez à l’ouest ou au nord. C’est le conseil le plus rentable de cet article.

Personne en snorkeling au-dessus des coraux dans un lagon peu profond de l'île Maurice
L’eau du lagon est à son maximum annuel en janvier, entre 27 et 28 degrés. En revanche, une forte pluie la trouble pour un à trois jours : mieux vaut plonger en début de séjour qu’après un gros grain.

À quoi ressemble une journée de janvier, heure par heure

Plutôt que de vous donner des moyennes mensuelles que personne ne sait interpréter, voici le rythme réel d’une journée. C’est celui que suivent les gens qui vivent ici, et il explique pourquoi la pluie gêne beaucoup moins qu’on ne le croit.

Une journée de janvier ne se passe pas sous la pluie : elle se passe autour de la pluie. Voici le rythme réel, celui que suivent les gens qui vivent ici.

  1. 6 h à 9 h Le meilleur créneau de la journée Air encore frais, lagon lisse, lumière franche. C'est l'heure de la plage, du snorkeling, de la marche. Les Mauriciens font leur sport à ce moment, pas à midi.
  2. 9 h à 12 h La chaleur monte 30 degrés et une humidité qui pèse. On se met à l'ombre ou dans l'eau. Les visites en extérieur deviennent pénibles.
  3. 13 h à 16 h L'averse, si elle vient Le ciel noircit sur les hauteurs, le grain descend, il tombe des cordes pendant vingt minutes à une heure. Puis ça s'arrête net et le sol fume. C'est le créneau des musées, du déjeuner qui s'éternise, de la sieste.
  4. 16 h à 18 h 30 L'île se remet en route L'air a été lavé, la lumière est belle, la température redescend. Deuxième meilleur créneau de la journée, et le plus agréable pour se baigner : l'eau est à son maximum.
  5. après 19 h Nuit chaude Il ne fait pas frais la nuit en janvier, comptez 24 degrés. Terrasses, dîners dehors, moustiques : prévoyez de quoi vous en protéger.

Ce découpage est un ordre de grandeur, pas un horaire. Certaines journées de janvier sont entièrement sèches, d'autres pleuvent par intermittence du matin au soir.

Ce que ce découpage doit vous faire comprendre, c’est que le créneau utile de janvier est le matin. Un touriste qui se lève à 9 heures, petit-déjeune tranquillement et arrive à la plage à 11 heures a raté le meilleur de sa journée et récolte la chaleur, puis l’averse. Levez-vous tôt, vous changerez complètement votre séjour.

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Ce qu’on fait à Maurice quand il pleut

C’est la question qu’on ne me pose jamais et qui décide pourtant du séjour. Une île se visite aussi à couvert, et janvier est le meilleur moment pour tout ce qui ne dépend pas du ciel.

  • L’Aapravasi Ghat, à Port-Louis. Le site où débarquaient les travailleurs engagés venus d’Inde à partir de 1834, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est là que commence l’histoire de la moitié de la population mauricienne. Comptez une bonne heure, et prenez le temps de lire.
  • Le Blue Penny Museum, dans le même quartier du Caudan, pour les deux timbres de 1847 qui ont fait la réputation philatélique de l’île, et pour la salle consacrée à Paul et Virginie.
  • La maison Eureka, à Moka. Une demeure créole du dix-neuvième siècle avec ses cent-neuf portes et ses vérandas. Les hauteurs de Moka étant justement l’endroit le plus arrosé, c’est une visite qu’on fait de toute façon sous les nuages.
  • Le château de Labourdonnais, au nord, et son verger. La visite est courte, le rhum arrangé est bon, et il y a de quoi s’abriter.
  • Le marché central de Port-Louis, couvert, et le quartier chinois juste à côté. C’est bruyant, ça sent le curry et le poisson, et c’est l’un des rares endroits où l’on voit vraiment le pays.
  • Un atelier de cuisine. Apprendre à faire un rougail ou un vindaye occupe un après-midi de pluie mieux qu’un centre commercial, et vous repartez avec quelque chose.

Le réflexe à prendre

Regardez le ciel du côté des montagnes, pas au-dessus de votre tête. Quand la crête du sud-est disparaît dans le gris, vous avez entre vingt minutes et une heure avant que ça vous tombe dessus. Tous les Mauriciens font ça sans y penser ; en une semaine, vous le ferez aussi.

Et le cyclone, dans tout ça ?

C’est la vraie question derrière l’objection sur la pluie, alors traitons-la franchement. La saison cyclonique officielle court du 15 novembre au 30 avril, et la période réellement active va de janvier à mars. Janvier est donc dedans, pleinement.

Ce que cela signifie concrètement : quelques jours par an, l’île passe en alerte, les écoles ferment, les commerces baissent le rideau, et l’on reste chez soi. Les alertes sont annoncées longtemps à l’avance, la population est préparée, les constructions sont faites pour ça. Pour un voyageur, le risque n’est presque jamais le danger physique : c’est la journée perdue, l’excursion annulée et le vol décalé.

Je ne vais pas développer ici ce que j’ai détaillé ailleurs. Si le sujet vous préoccupe, lisez plutôt l’article consacré à la saison cyclonique à l’île Maurice : classes d’alerte, ce qu’on prépare dans une maison, comment ça se vit réellement.

Janvier, c’est le mois des Mauriciens

Voilà le point que les guides oublient systématiquement, et qui change pourtant la physionomie de l’île.

L’année scolaire mauricienne suit l’année civile. Les grandes vacances tombent donc en décembre et se prolongent au début de janvier. Résultat : sur les plages publiques du week-end, ce ne sont pas des touristes que vous croisez, ce sont des familles mauriciennes avec les glacières, la marmite de briani et la sono. Certains visiteurs trouvent ça bruyant. Personnellement, c’est ce que je préfère montrer à mes clients qui envisagent de s’installer, parce que c’est exactement ça, vivre ici.

Janvier porte aussi le Thaipoosam Cavadee, l’une des fêtes tamoules les plus marquantes de l’île, avec ses porteurs de cavadee et leurs corps percés d’aiguilles, en procession vers les rivières. Elle suit le calendrier lunaire et tombe selon les années en janvier ou en février : vérifiez la date de l’année qui vous concerne avant de compter dessus.

Ce que je vous déconseille en janvier

Un article honnête doit aussi dire ce qui ne marche pas, et il y a trois choses.

Le kitesurf. Je corrige ici une erreur qui traînait dans la version précédente de cette page : non, janvier n’est pas un bon mois pour la glisse, et l’idée de « vents favorables en janvier » est fausse. Les alizés soufflent de mai à octobre. En janvier, le vent est faible et irrégulier. Si vous venez pour Le Morne et pour la planche, décalez à juin ou à septembre.

La randonnée en milieu de journée. Les gorges de la Rivière Noire et le Piton de la Petite Rivière Noire sont magnifiques, mais 30 degrés avec 85 % d’humidité sur un sentier sans ombre, c’est une épreuve, pas une promenade. Partez à 6 heures, ou attendez l’hiver austral.

La plongée juste après un gros grain. La pluie charrie de la terre par les rivières et trouble le lagon pendant un à trois jours. Ce n’est pas dangereux, c’est simplement décevant : vous payez une sortie pour regarder de la soupe. Si le programme le permet, décalez de quarante-huit heures.

Pour le reste, l’île fonctionne. Et si vous hésitez encore entre plusieurs périodes, l’article quand partir à l’île Maurice compare les douze mois côte à côte selon ce que vous venez faire.

La vidéo ci-dessous vous donnera une idée de l’ambiance et des paysages dont je parle depuis le début de cet article.

Faut-il venir en janvier ? Ma réponse

Venez en janvier si vous voulez l’eau la plus chaude de l’année, une île d’un vert que vous ne verrez pas en septembre, des tarifs qui redescendent dès la mi-janvier, et si vous acceptez d’organiser vos journées autour du matin.

Ne venez pas en janvier si votre séjour repose sur le vent, sur la marche en montagne, ou si vous supportez mal l’humidité. Dans ces trois cas, l’hiver austral vous rendra bien plus heureux, et je préfère vous le dire avant que vous ne réserviez.

Vos questions sur l’île Maurice en janvier

Île Maurice en janvier : vos questions

Quel temps fait-il à l'île Maurice en janvier ?

Janvier est en plein été austral : entre 25 et 31 degrés en journée, autour de 24 la nuit, une humidité élevée et une eau de mer entre 27 et 28 degrés. C'est le mois le plus chaud avec février, et l'un des plus arrosés. Les averses sont brèves et violentes plutôt que continues.

Combien pleut-il vraiment en janvier ?

Beaucoup plus qu'en hiver austral, mais rarement toute la journée. La pluie tombe surtout sur le plateau central et l'est ; la côte ouest, autour de Flic-en-Flac et Tamarin, reste nettement plus sèche. Un séjour de deux semaines en janvier comporte presque toujours des journées entièrement ensoleillées.

Faut-il éviter janvier à cause des cyclones ?

Non, mais il faut savoir à quoi s'attendre. La saison cyclonique officielle court du 15 novembre au 30 avril et la période réellement active va de janvier à mars. Les alertes sont annoncées plusieurs jours à l'avance et le pays est organisé pour cela. Le vrai risque pour un voyageur n'est pas le danger, c'est la journée bloquée à l'hôtel.

Peut-on se baigner à l'île Maurice en janvier ?

Oui, et c'est même le meilleur mois pour cela : l'eau est à son maximum annuel, entre 27 et 28 degrés. On y reste sans frissonner pendant des heures, ce qui n'est pas le cas en juillet ou en août.

Le kitesurf est-il possible en janvier ?

C'est la plus mauvaise période de l'année pour cela. Les alizés soufflent de mai à octobre ; en janvier le vent est irrégulier et souvent faible. Si le kitesurf est le but de votre voyage, visez plutôt juin à septembre.

Janvier est-il une période chère ?

La première quinzaine, oui : elle prolonge les fêtes de fin d'année, qui sont le pic tarifaire de l'année. La seconde quinzaine retombe nettement, une fois les vacances scolaires européennes et mauriciennes terminées. Un décalage de dix jours change la facture.

Y a-t-il beaucoup de monde en janvier ?

Sur les plages publiques le week-end, oui, mais ce sont surtout des Mauriciens : janvier tombe pendant leurs grandes vacances scolaires, l'année scolaire suivant ici l'année civile. En semaine, les plages sont calmes.

Une dernière chose, et c’est la plus importante si vous ne venez pas seulement en vacances. Ceux de mes clients qui ont renoncé après leur installation avaient tous fait leur repérage à la belle saison. Si votre projet est de vivre ici, venez d’abord en janvier : l’humidité, les grains de l’après-midi, la nuit à 24 degrés, les moustiques. Si l’île vous plaît dans ces conditions, elle vous plaira toute l’année. Expat un jour, expat toujours, mais mieux vaut l’être en connaissance de cause.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.