Plage de sable blanc de la côte ouest de l'île Maurice au crépuscule, avec la silhouette du Morne au fond

Les plages de l’île Maurice : laquelle choisir, et pour quoi faire ?

Tourisme et Loisirs Romuald Rousseaux 7 min

Je vais commencer par vous déconseiller quelque chose qui me rapporterait : la plus belle plage de l’île est rarement celle près de laquelle il faut acheter.

Quand on vient une semaine, on cherche la carte postale. Quand on s’installe, le critère change du tout au tout. La plage la plus photogénique de Maurice peut être la pire pour y habiter, entre les cars du dimanche, le vent qui vous fait dîner en pull huit mois par an, et l’absence de commerces à cinq kilomètres à la ronde. J’ai vu des clients revendre pour cette seule raison.

Voici donc les plages qui comptent, côte par côte, avec ce que chacune donne quand on y vit toute l’année.

D’abord, comprendre la logique de l’île

Maurice est entourée sur presque tout son pourtour d’une barrière de corail. Entre le récif et la côte s’étend un lagon peu profond, calme, tiède, où la mer ne casse pas. C’est ce qui explique cette eau turquoise immobile sur les photos, et c’est aussi ce qui rend la baignade si sûre pour les enfants.

Ensuite, il y a le vent. Les alizés soufflent du sud-est une grande partie de l’année. Conséquence directe, et rarement expliquée aux acheteurs :

  • le nord et l’ouest sont abrités, plus chauds, plus secs, avec une mer souvent lisse ;
  • l’est prend le vent de plein fouet : plus frais, plus venté, mer plus animée ;
  • le sud est le plus sauvage, avec des zones où le récif s’interrompt et où l’océan arrive directement.

Cette géographie, à elle seule, oriente déjà la moitié des décisions d’achat que j’accompagne.

L'île Maurice en quatre côtes

Les alizés soufflent du sud-est toute l'année. C'est ce qui explique, à lui seul, la moitié des différences entre ces quatre régions.

  • NordTrou-aux-Biches, Mont Choisy, PereybèreAbrité, lagon calme, tous les services. La zone où s'installent la plupart des Français.
  • OuestFlic-en-Flac, TamarinLe plus sec, couchers de soleil sur Le Morne, surf à Tamarin. La région qui monte.
  • EstBelle MareCôte au vent : plus frais, plus animé, peu bâti. Voiture indispensable.
  • SudBlue Bay, SouillacParc marin à Blue Bay, falaises sans récif vers Souillac. Le plus sauvage et le moins cher.

Le Nord : Trou-aux-Biches, Mont Choisy, Pereybère

C’est la zone la plus vivante de l’île, et celle où s’installent la majorité des Français.

Trou-aux-Biches est ma préférée pour y habiter. Un lagon très peu profond, une eau calme, des filaos qui donnent de l’ombre naturelle, et surtout du corail accessible directement depuis le bord : on met un masque et on est dans le décor en trois brasses. Tout est là, commerces, restaurants, écoles, cliniques, sans l’agitation de Grand Baie. Le sable y est fin et blanc sur plusieurs kilomètres.

Mont Choisy prolonge Trou-aux-Biches par une longue baie bordée de filaos. C’est la plage des familles mauriciennes le week-end, avec les barbecues et les enfants partout. En semaine, elle est presque vide. J’aime beaucoup cette double vie : elle dit quelque chose de juste sur le pays.

Pereybère, juste au nord de Grand Baie, est plus petite, plus dense, plus animée. Cafés, bars de plage, monde jeune, ambiance qui se réveille au coucher du soleil. Parfait pour sortir, moins évident pour installer une famille qui cherche le calme.

Le conseil que je donne le plus souvent

Si vous ne connaissez pas encore l’île, louez au nord pendant six mois avant d’acheter. C’est la région la mieux équipée, la plus facile à vivre sans voiture, et celle qui permet de rayonner partout. Vous affinerez ensuite en connaissance de cause.

L’Ouest : Flic-en-Flac et Tamarin

Flic-en-Flac déroule l’une des plus longues plages de l’île, avec un accès direct en voiture sur tout le front de mer et des parkings. C’est la plage familiale par excellence, très fréquentée le week-end, avec des restaurants et de la vie le soir. Les récifs au large en font aussi l’un des meilleurs points de départ pour la plongée bouteille.

Tamarin est à part. C’est la baie des surfeurs, avec une vraie vague, surtout pendant l’hiver austral de mai à octobre. L’ambiance y est plus décontractée, plus locale, un peu bohème. La rivière se jette dans la baie et l’eau y est parfois trouble, ce qui refroidit certains acheteurs et en attire d’autres. C’est aussi de là que partent les sorties d’observation des dauphins, tôt le matin.

Le climat de l’ouest est le plus sec de l’île, et les couchers de soleil y sont spectaculaires, avec la silhouette du Morne au fond. C’est la région qui monte le plus vite en valeur depuis quelques années.

L’Est : Belle Mare

Belle Mare, sur la côte est, offre des kilomètres de sable blanc et un lagon large protégé par le récif. C’est probablement la plus impressionnante de l’île à l’œil, et la plus préservée du bétonnage.

La contrepartie, il faut la connaître avant d’acheter : c’est la côte au vent. Il y fait plus frais, il y a plus d’alizés, et la mer y est plus remuante. Certains adorent, et y trouvent une respiration que le nord n’a plus. D’autres découvrent après six mois qu’ils dînent en pull sur la terrasse trois soirs par semaine. La région est aussi nettement moins équipée en commerces et en écoles : la voiture y est indispensable.

Le Sud : Blue Bay et Souillac

Blue Bay, près de Mahébourg, abrite un parc marin protégé. C’est le meilleur spot de l’île pour le masque et le tuba, avec des coraux vivants et des poissons en nombre, dans un lagon peu profond parfait pour les enfants. L’aéroport est à quelques minutes, ce qui est un vrai atout quand on fait des allers-retours réguliers avec l’Europe.

Plus à l’ouest, la région de Souillac et du jardin Telfair montre l’autre visage de l’île : ici, sur cette côte sud, le récif s’interrompt et l’océan vient frapper directement les falaises de basalte. On ne s’y baigne pas partout, mais le jardin qui domine la mer, planté au XIXe siècle et nommé d’après le botaniste Charles Telfair, est l’un des endroits les plus calmes que je connaisse sur l’île. Le sud est la région la moins chère et la moins développée, pour ceux qui cherchent vraiment la tranquillité.

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Un survol des plus belles plages de l’île, pour mettre des images sur ce qui précède :

Quelle plage pour quel projet de vie ?

Les plages de l'île Maurice : laquelle pour quel projet ?

PlageCôteCe qu'on y trouvePour qui
Trou-aux-BichesNord-ouestLagon très calme, corail accessible du bord, tous les servicesFamilles qui s'installent
Mont ChoisyNordLongue baie ombragée de filaos, très locale le week-endFamilles, budget plus accessible
PereybèreNordPetite plage animée, cafés et bars, vie le soirJeunes actifs, célibataires
Flic-en-FlacOuestLongue plage, accès voiture, plongée bouteilleFamilles, week-ends
TamarinOuestVague de surf, ambiance locale, dauphins au largeSportifs, amateurs de calme relatif
Belle MareEstSable blanc à perte de vue, lagon large, peu bâtiCeux qui acceptent le vent et la voiture
Blue BaySud-estParc marin protégé, le meilleur snorkeling de l'îleFamilles, allers-retours fréquents (aéroport)
Souillac et jardin TelfairSudFalaises, océan sans récif, jardin historiqueRecherche de tranquillité, budgets serrés

Toutes les plages de l'île sont publiques : aucun hôtel ni aucune résidence ne peut en privatiser l'accès.

Plage de sable blanc de la côte ouest de l'île Maurice au crépuscule, avec la silhouette du Morne au fond
Fin de journée sur la côte ouest : le Morne se découpe au fond, et la plage se vide.

Trois choses que personne ne dit aux acheteurs

Les plages sont publiques, toutes. À Maurice, aucun hôtel ni aucune résidence ne peut privatiser une plage : il existe un accès public partout. C’est une excellente nouvelle pour la vie quotidienne, et cela veut dire aussi qu’un bien « les pieds dans l’eau » n’achète jamais l’exclusivité de la vue ni du passage.

Habiter en front de mer n’est pas toujours le bon calcul. L’air salin attaque tout, les menuiseries, la climatisation, les véhicules. L’entretien est nettement plus lourd, et les prix au mètre carré sont sans commune mesure. Beaucoup de mes clients les plus satisfaits vivent à cinq minutes de la plage, dans une résidence au calme, avec un budget qui leur a permis de voir bien plus grand.

Les algues existent. Selon la saison et les courants, certaines plages reçoivent des dépôts d’algues sur le rivage. Ce n’est jamais montré sur les photos des promoteurs. Cela varie beaucoup d’un endroit à l’autre, parfois à quelques centaines de mètres près, et cela se vérifie sur place.

Ne signez jamais sur photo

Une plage se juge au moins deux fois : une fois en semaine, une fois le dimanche, et si possible à deux saisons différentes. Le vent, la fréquentation et l’aspect de l’eau n’ont parfois rien à voir. Je le dis même quand cela retarde une vente, parce que c’est ce qui évite les regrets.

Alors, laquelle ?

Si vous venez pour deux semaines, allez à Belle Mare et à Blue Bay, vous en garderez des images pour longtemps.

Si vous venez pour vivre, regardez le nord entre Trou-aux-Biches et Mont Choisy, et l’ouest autour de Tamarin. Ce sont les deux zones où l’on trouve à la fois une belle plage, des services, des écoles et un marché immobilier qui tient dans le temps.

Et surtout, venez voir. On ne choisit pas une côte sur un écran. Vous vous en rendrez compte en quarante-huit heures sur place, et j’ai vu beaucoup de projets changer complètement d’orientation après une première visite. Expat un jour, expat toujours.

Dites-moi ce que vous cherchez, je vous dirai honnêtement quelles régions correspondent à votre projet et à votre budget, y compris celles où je n’ai rien à vendre.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.