Avion à l'approche de l'île Maurice au-dessus du lagon, au coucher du soleil

Quand partir à l’île Maurice ?

Tourisme et Loisirs Romuald Rousseaux 9 min

Sur la Côte d’Azur, d’où je viens, tout le monde débarque en août et personne ne vient en octobre, alors qu’octobre est de loin le plus beau mois de l’année. À l’île Maurice, c’est exactement le même malentendu, décalé de six mois. Les avions sont pleins en décembre et en juillet, parce que ce sont les vacances scolaires européennes, pas parce que la météo mauricienne y est meilleure.

Alors je vais vous donner la réponse tout de suite, avant le détail : les meilleures fenêtres pour venir à Maurice sont mai à juin et septembre à novembre. Beau temps stable, mer calme, prix raisonnables, et vous ne partagez pas la plage avec la terre entière. Le reste de l’article vous explique pourquoi, et surtout comment choisir en fonction de ce que vous venez faire, parce que c’est la vraie question.

Ce qu'il faut comprendre avant de regarder un calendrier

L’île Maurice n’a pas de saison morte. Elle a une saison chaude et humide, une saison fraîche et sèche, et deux intersaisons qui cumulent les avantages des deux. Il n’existe pas de mois où l’on ne peut rien faire ; il existe des mois qui conviennent mieux à certaines activités.

Deux saisons, et non pas quatre

Nous sommes dans l’hémisphère sud : prenez votre calendrier français et retournez-le. Quand vous grelottez à Lyon en janvier, je suis en plein été. Quand vous mettez vos maillots en juillet, je dors sous une couverture légère.

L’été austral court de novembre à avril. Il fait chaud, autour de 30 degrés en journée, l’air est lourd et humide, les averses sont fréquentes mais brèves : de gros grains tropicaux qui tombent et passent, pas une pluie fine de novembre breton. C’est aussi la période où la végétation est éclatante, où les fruits sont partout sur les marchés, et où l’île est la plus verte. C’est enfin la saison cyclonique officielle, du 15 novembre au 30 avril, réellement active de janvier à mars. J’y reviens plus bas, parce que c’est le point qui inquiète tout le monde et qui mérite mieux qu’une ligne.

L’hiver austral va de mai à octobre. Les températures descendent entre 20 et 25 degrés, l’air s’assèche, le ciel se dégage. Les alizés soufflent plus régulièrement, ce qui rafraîchit la côte est et fait le bonheur des kitesurfeurs du sud-ouest. C’est la saison la plus confortable pour marcher, visiter, conduire, et c’est pour cette raison qu’elle est aussi la plus fréquentée.

Randonneurs dominant l'intérieur verdoyant de l'île Maurice pendant la saison sèche
De mai à octobre, l’intérieur de l’île se marche sans souffrir de la chaleur.

Le mois par mois, en un coup d’œil

Voici comment je résume l’année à mes clients quand ils me demandent de trancher vite. Les couleurs disent la saison, la ligne du dessous dit l’affluence.

L'année mauricienne mois par mois

  • Été austral, chaud et humide
  • Intersaison, la meilleure fenêtre
  • Hiver austral, frais et sec
JanvierAffluence forteChaud, humide, risque cyclonique. Cavadee certaines années.
FévrierAffluence faibleLe cœur de la saison cyclonique. Île très verte, prix bas.
MarsAffluence faibleEncore actif côté cyclones. Maha Shivaratree au Grand Bassin.
AvrilAffluence moyenneL'humidité retombe, la mer se calme. Bon mois pour plonger.
MaiAffluence faibleDouceur, ciel dégagé, tarifs sages. Un de mes mois préférés.
JuinAffluence moyenneFrais et sec. Idéal pour marcher et visiter l'intérieur.
JuilletAffluence forteLe plus frais. Arrivée des baleines à bosse à l'ouest.
AoûtAffluence forteVent soutenu, paradis du kitesurf. Baleines encore là.
SeptembreAffluence moyenneLe mois sans défaut : beau, sec, mer claire, fin des baleines.
OctobreAffluence faibleRéchauffement, lumière superbe, visibilité maximale sous l'eau.
NovembreAffluence moyenneOuverture officielle de la saison cyclonique le 15, sans plus.
DécembreAffluence très forteFêtes, prix au plus haut, plages du Nord bondées.

Les fêtes hindoues suivent un calendrier lunaire : leurs dates changent chaque année, vérifiez-les avant de réserver.

Quand partir selon ce que vous venez faire

C’est ici que la question « quelle est la meilleure période » devient utile. Il n’y a pas une réponse, il y en a cinq ou six, selon votre programme.

La plage, le lagon, la baignade

L’eau est baignable toute l’année, c’est l’un des privilèges du lagon mauricien. Elle est simplement plus chaude et plus douce pendant l’été austral, et plus tonique en juillet et en août. Pour la plongée et le masque-tuba, visez avril à juin ou septembre à novembre : la mer est plate, l’eau est claire, la visibilité est à son meilleur. En plein été austral, les pluies chargent parfois l’eau en particules près des embouchures de rivières et brouillent les fonds pendant un jour ou deux.

Masque et palmes au-dessus des coraux dans un lagon calme de l'île Maurice
Aux intersaisons, la mer est plate et la visibilité au meilleur de sa forme.

La randonnée et l’intérieur de l’île

De juin à septembre, sans hésiter. Les gorges de la Rivière Noire, le Morne, le Pieter Both, les sentiers de Chamarel : tout cela se marche infiniment mieux à 22 degrés qu’à 32 dans une humidité écrasante. En été austral, partez à l’aube ou renoncez ; j’ai vu trop de visiteurs entamer une montée à onze heures du matin en février et redescendre au bout de vingt minutes.

Le kitesurf, la voile, la planche

De mai à octobre, quand les alizés s’installent. Le sud-ouest, autour du Morne, est le rendez-vous des kitesurfeurs pendant tout l’hiver austral. Si c’est votre motivation principale, ne venez pas en janvier : le vent y est capricieux et vous passerez vos journées à attendre.

Les baleines et les dauphins

Les dauphins sont là toute l’année sur la côte ouest. Les baleines à bosse, elles, remontent de l’Antarctique pour mettre bas et ne sont visibles que de juillet à septembre. Si vous venez pour elles, votre fenêtre est étroite et non négociable. J’ai consacré un article entier au sujet, avec ce que j’en pense honnêtement, y compris sur la façon dont ces sorties sont organisées.

Les fêtes et la vie de l’île

C’est l’angle que personne ne regarde et c’est peut-être le meilleur. Maurice vit au rythme de ses communautés, et ses fêtes valent tous les sites touristiques du monde. Le Cavadee tamoul tombe en janvier ou février, le Maha Shivaratree en février ou mars, avec des milliers de pèlerins vêtus de blanc qui marchent vers le Grand Bassin, et Divali, la fête des lumières, illumine toute l’île en octobre ou novembre. Ces dates suivent des calendriers lunaires et bougent d’une année sur l’autre : vérifiez-les avant de réserver.

Notez le paradoxe : deux de ces trois grandes fêtes tombent en pleine saison des pluies, celle que les guides vous disent d’éviter.

Voici une vidéo qui donne une idée assez juste de ce que l’île offre au fil de l’année.

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Les périodes que je déconseille, et pourquoi

Autant être direct, il y en a deux, et pour des raisons différentes.

Janvier à mars, si vous n’avez qu’une semaine et aucune souplesse. Ce n’est pas que le temps y soit mauvais, c’est qu’il est imprévisible. Un système tropical qui passe au large, et vous perdez deux ou trois jours enfermé. Avec trois semaines devant vous, l’affaire est sans gravité. Avec sept jours et un vol non modifiable, c’est un pari.

Fin décembre et début janvier, pour une raison purement économique. C’est la période où les vols et les hébergements atteignent leurs prix les plus élevés de l’année, et où les plages du Nord sont noires de monde, y compris de Mauriciens en vacances. La même semaine décalée de quinze jours en janvier vous coûtera nettement moins cher.

La saison cyclonique, sans dramatiser ni la nier

Un cyclone n’arrive jamais par surprise. Il est suivi et annoncé plusieurs jours à l’avance, les classes d’alerte sont diffusées en continu, et les bâtiments d’ici sont construits pour cela. Ce que vous risquez concrètement, ce n’est pas le danger, c’est deux journées perdues à l’intérieur. Prenez une assurance annulation et regardez les prévisions à dix jours plutôt que les statistiques annuelles.

« Il pleut trop en été austral »

C’est l’objection que j’entends le plus, et elle repose sur un malentendu de vocabulaire. Quand un tableau climatique annonce quinze jours de pluie en février, un lecteur français imagine quinze journées grises. La réalité mauricienne, c’est quinze jours où il tombe une averse, souvent en fin d’après-midi, parfois violente, et qui dure vingt minutes. Le soleil revient derrière, la température ne baisse pas, et l’île sent le sol mouillé et les fleurs.

Ajoutez que les moyennes de pluie de l’île sont trompeuses parce qu’elles mélangent des microclimats très différents. Il pleut beaucoup plus sur les hauteurs de Curepipe que sur la côte ouest, et l’écart entre les deux, à trente kilomètres de distance, peut être considérable. Quand il tombe des cordes à Curepipe, il fait souvent grand soleil à Flic-en-Flac. C’est un réflexe que tous les résidents ont : on ne regarde pas la météo de « Maurice », on regarde celle de sa région.

Si vous venez pour vous installer, la question change complètement

Tout ce qui précède vaut pour un séjour. Pour un projet de vie, mon conseil est exactement inverse de celui d’un office de tourisme : ne venez pas repérer en septembre.

En septembre, tout est parfait, et vous ne verrez rien de ce qu’il faut voir. Venez en février. Vous saurez ce que sont l’humidité de l’été austral, les moustiques du soir, l’orage qui coupe l’électricité un quart d’heure, les routes qui se chargent en fin de journée. Si l’île vous plaît encore dans ces conditions, elle vous plaira toujours. La plupart de mes clients qui ont renoncé après leur installation avaient fait leur repérage à la plus belle saison.

Couple installé en transats face au coucher de soleil sur une plage de l'île Maurice
Le soleil se couche ici entre 17 h 30 en hiver austral et 19 h en été : les journées varient peu, c’est un confort auquel on s’habitue vite.

Le conseil que je donne systématiquement

Si vous envisagez de vivre ici, faites deux séjours à deux saisons opposées avant de décider quoi que ce soit. Un en juillet, un en février. Cela vous coûtera un billet d’avion supplémentaire et vous évitera peut-être une erreur à plusieurs centaines de milliers d’euros. Et si vous voulez faire l’expérience en accéléré, venez vivre une semaine avec moi : je vous montre l’île telle qu’elle est, pas telle qu’elle se vend.

Vos questions les plus fréquentes

Quelle est la meilleure période pour partir à l'île Maurice ?

Les deux meilleures fenêtres sont mai à juin et septembre à novembre. Vous y trouvez un temps sec et stable, une mer calme, des tarifs raisonnables et une affluence modérée. Septembre et octobre sont les mois que je recommande le plus souvent quand on me demande de choisir à la place du client.

Quel est le mois le moins cher pour aller à Maurice ?

Février et mars sont les moins chers, parce qu'ils tombent en pleine saison des pluies et hors vacances scolaires européennes. C'est un excellent calcul si vous disposez de deux ou trois semaines et d'une certaine souplesse, un pari plus risqué si vous n'avez que sept jours.

Faut-il éviter la saison cyclonique ?

Pas systématiquement. La saison officielle court du 15 novembre au 30 avril, mais la période réellement active se concentre sur janvier à mars. Un cyclone est annoncé plusieurs jours à l'avance et les bâtiments sont construits pour cela. Ce que vous risquez, ce sont deux journées perdues à l'intérieur, pas votre sécurité. Prenez une assurance annulation.

Quand voir les baleines à l'île Maurice ?

Les baleines à bosse sont présentes de juillet à septembre au large de la côte ouest, le temps de mettre bas avant de repartir vers les eaux froides. Les dauphins et les cachalots, eux, se croisent toute l'année dans le même secteur.

Quelle est la température de l'eau à Maurice ?

L'eau du lagon reste baignable toute l'année. Elle est plus chaude et plus douce pendant l'été austral, de novembre à avril, et plus tonique au cœur de l'hiver austral, en juillet et en août, sans jamais devenir froide au sens européen du terme.

Combien de temps rester à l'île Maurice ?

Pour un premier séjour de découverte, dix à quinze jours permettent de voir les quatre côtes sans passer ses journées en voiture. Pour un repérage en vue d'une installation, comptez plutôt trois semaines, et faites-le à deux saisons opposées plutôt qu'une seule fois.

Quelle période choisir pour un repérage avant expatriation ?

Février, contre l'avis général. Vous verrez l'île dans ses conditions les plus exigeantes : humidité, moustiques, orages, routes chargées. Si elle vous plaît alors, elle vous plaira toujours. Beaucoup de projets abandonnés après installation avaient été décidés lors d'un repérage en septembre.

Retenez ceci : il n’y a pas de mauvaise période pour venir à l’île Maurice, il y a des périodes mal choisies par rapport à un projet. Un plongeur, un randonneur, un kitesurfeur et une famille avec deux enfants scolarisés n’ont pas la même bonne réponse, et c’est très bien ainsi. Dites-moi ce que vous venez chercher, et je vous dirai quel mois réserver.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.