Étal de fruits tropicaux sur un marché : ananas, goyaves, piments et agrumes

Île Maurice en octobre : météo, lagon clair et meilleure plongée

Que faire à Maurice (saisonnier) Romuald Rousseaux 7 min

Octobre passe pour un mois creux, cette zone floue entre l’hiver austral qui s’achève et l’été qui n’est pas encore là. On me le présente souvent comme un choix par défaut, faute de mieux. C’est exactement le contraire : sous l’eau, octobre est l’un des deux ou trois meilleurs mois de l’année, et c’est mesurable.

La raison tient en une phrase : il pleut peu en octobre, donc les rivières ne charrient pas de terre, donc le lagon est clair. Ajoutez à cela une mer qui s’apaise, un soleil qui remonte assez haut pour éclairer le fond, et une eau qui repasse à 24 degrés après le creux de septembre. Si vous plongez, si vous faites du snorkeling, ou si vous voulez simplement voir quelque chose en mettant la tête sous l’eau, c’est votre mois.

Ce que ce mois a de différent

Octobre est le printemps austral. L’île sort de six mois secs : la végétation repart, les premiers fruits arrivent sur les étals, l’air se réchauffe sans être encore lourd. C’est un mois où l’île change à vue, presque semaine après semaine, ce qui n’arrive à aucun autre moment de l’année.

Quel temps fait-il à l’île Maurice en octobre ?

Entre 25 et 28 degrés en journée sur les côtes, environ neuf heures de soleil par jour, et une moyenne de quatre jours de pluie sur le mois. C’est l’un des ensoleillements les plus élevés de l’année et l’une des pluviométries les plus basses.

L’eau du lagon remonte autour de 24 degrés, après le plancher de 23 atteint en août et septembre. Ce degré supplémentaire ne se voit pas sur un tableau et se sent nettement au bout d’une heure d’immersion.

Le vent faiblit. L’alizé de sud-est, qui a soufflé tout l’hiver, s’assagit franchement en octobre. La côte est redevient fréquentable pour ceux qui la trouvaient trop ventée en août, et le lagon se calme partout.

Une précision que je dois à l’honnêteté : la version précédente de cette page expliquait qu’octobre permettait d’éviter « les pluies plus fréquentes de l’hiver ». C’est à l’envers. L’hiver austral, de mai à octobre, est la saison sèche ; ce sont janvier, février et mars qui sont arrosés. Octobre est sec parce qu’il termine l’hiver, pas parce qu’il y échappe.

Pourquoi le lagon est si lisible en octobre

La visibilité sous l’eau n’est pas une loterie. Elle dépend de quatre facteurs, tous vérifiables la veille au soir, et octobre les aligne mieux que n’importe quel autre mois.

Quatre choses déterminent ce que vous verrez sous l'eau. Aucune n'est le hasard, et toutes se vérifient la veille au soir.

  • 1La pluie des jours précédentsUne forte pluie charrie de la terre par les rivières et trouble le lagon pendant un à trois jours. C'est le premier facteur, et c'est celui qui rend octobre si lisible : il pleut peu.
  • 2La houle et le ventUne mer formée remue le sable du fond et brouille tout, même sans une goutte de pluie. Un lagon abrité par sa barrière de corail reste clair par vent fort ; une passe, non.
  • 3L'heure de la journéeLe soleil doit être haut pour éclairer le fond. Entre 10 h et 15 h, les couleurs sortent ; à 8 h ou à 17 h, tout paraît gris, même dans une eau parfaitement claire.
  • 4La maréeLa marée montante fait entrer de l'eau du large, propre et fraîche. La descendante vide le lagon et emporte le sable remué de la journée. À conditions égales, préférez la montante.

Ce petit tableau vaut pour toute l’année et vous fera gagner des sorties. Concrètement, en octobre : il a rarement plu dans les trois jours, la houle est faible, le soleil est haut entre 10 et 15 heures, et il ne vous reste plus qu’à consulter les horaires de marée. Quatre conditions sur quatre, ce qui n’arrive presque jamais en janvier.

Plage déserte bordée de filaos, sable clair et lagon peu profond très transparent à l'île Maurice
Un lagon d’octobre : peu de houle, pas de terre en suspension, un fond qui se lit à plusieurs mètres. C’est cet état de l’eau qui fait la réputation du mois auprès des plongeurs, et personne n’en parle jamais dans les guides.

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Où se mettre à l’eau en octobre

Quelques repères, du plus accessible au plus engagé.

Blue Bay, au sud-est, est un parc marin. Le corail y est protégé, les poissons sont nombreux et l’endroit se fait très bien en palmes-masque-tuba depuis la plage. C’est l’entrée en matière la plus simple et la plus rentable de l’île.

Trou-aux-Biches, au nord, pour un lagon peu profond, calme et sableux, idéal avec des enfants ou pour une première fois. La plage est aussi l’une des plus belles du pays.

La Coin de Mire, l’îlot au large du nord, pour la plongée bouteille : les sites y sont plus profonds, plus poissonneux, et se font en sortie encadrée depuis Grand-Baie ou Cap Malheureux.

L’île aux Bénitiers et Le Morne, au sud-ouest, où le lagon est immense et où l’on combine facilement snorkeling et sortie en bateau.

Ce qu'il faut regarder avant de payer une sortie

Demandez toujours à l’opérateur ce qu’il a vu la veille et s’il a plu sur les hauteurs dans les trois derniers jours. Un club sérieux vous répondra franchement et vous proposera de décaler si l’eau est trouble. Celui qui vous dit que c’est toujours magnifique ne regarde pas la mer, il regarde son planning.

Ce que le printemps austral remet sur les étals

C’est l’autre visage d’octobre, et il se voit dès qu’on entre dans un marché.

Après la saison fraîche, les fruits reviennent : ananas, papayes, bananes de plusieurs variétés, goyaves, et les premières mangues selon les années et les régions. Les letchis, eux, ne sont pas encore là : ils arrivent vers décembre, et c’est en décembre qu’il faut venir si ce sont eux que vous cherchez.

Les marchés tournent par jour et par commune, ce qui est une bonne raison de se déplacer : Port-Louis tous les jours, Flacq le mercredi et le dimanche, Mahébourg le lundi, Quatre-Bornes le jeudi et le dimanche. Le prix des fruits et légumes est l’un des rares postes où la vie à Maurice est franchement moins chère qu’en France, et un séjour d’octobre est le bon moment pour le constater.

Divali, si la date tombe bien

La fête des lumières hindoue tombe en octobre ou en novembre selon les années, puisqu’elle suit le calendrier lunaire. Si votre séjour la couvre, ne la manquez pas.

Les maisons s’ornent de rangées de petites lampes à huile, les familles échangent des gâteaux, et les villages du centre et de l’est deviennent spectaculaires à la tombée de la nuit. C’est un jour férié, avec ce que cela implique de commerces fermés et de routes chargées. Vérifiez la date de l’année qui vous concerne avant de compter dessus, elle bouge de plusieurs semaines d’une année sur l’autre.

Ce qui n’est plus possible en octobre

Deux choses, et je préfère les dire clairement parce que la version précédente de cet article se trompait sur la première.

Les baleines. Octobre est la toute fin de la fenêtre et les rencontres deviennent rares. Présenter octobre comme « une période propice à l’observation des baleines », comme le faisait cette page, est excessif. Si c’est votre objectif, visez juillet à septembre ; j’ai détaillé la question dans l’article sur l’observation des dauphins et des baleines.

Le kitesurf de haut niveau. Les écoles tournent encore, mais l’alizé faiblit et les sessions deviennent moins régulières qu’en juillet et août. Pour un débutant, c’est même un avantage ; pour un pratiquant confirmé venu pour ça, c’est une déception.

Affluence et prix : la deuxième bonne fenêtre de l’année

Octobre se situe entre deux vagues. Les vacances européennes d’été sont finies depuis longtemps, celles de fin d’année n’ont pas commencé. Résultat : des plages calmes en semaine, des excursions qui partent sans qu’il faille s’y prendre des mois à l’avance, et des tarifs qui restent raisonnables jusqu’aux dernières semaines du mois.

Passé la fin octobre, la mécanique s’inverse rapidement : décembre est le pic tarifaire de l’année à Maurice, et la montée commence dès novembre. Si votre calendrier est libre, octobre est la dernière fenêtre confortable avant six semaines de saturation. L’article quand partir à l’île Maurice replace ce mois par rapport aux onze autres selon ce que vous venez faire.

Vos questions sur l’île Maurice en octobre

Île Maurice en octobre : vos questions

Quel temps fait-il à l'île Maurice en octobre ?

Entre 25 et 28 degrés en journée, environ 9 heures de soleil, quatre jours de pluie en moyenne et une eau autour de 24 degrés. Octobre est le printemps austral : l'air se réchauffe, l'humidité n'est pas encore là et le ciel est dégagé.

Octobre est-il le meilleur mois pour plonger ?

C'est l'un des deux ou trois meilleurs, oui, et pour une raison simple : il pleut peu. Moins de pluie signifie moins de terre emportée par les rivières, donc un lagon plus clair. La mer est aussi plus calme qu'en plein hiver austral.

Peut-on voir des baleines en octobre ?

C'est la toute fin de la fenêtre et les rencontres deviennent rares. La version précédente de cet article présentait octobre comme une bonne période pour cela : c'est excessif. Si l'observation des baleines est votre objectif, visez juillet à septembre.

Y a-t-il du monde en octobre ?

Modérément. Les vacances européennes d'été sont loin, celles de fin d'année pas encore là. Les plages sont calmes en semaine et les excursions partent sans qu'il faille s'y prendre des mois à l'avance.

Quand tombe Divali ?

En octobre ou en novembre selon l'année, la fête suivant le calendrier lunaire hindou. Les maisons s'ornent de rangées de petites lampes et la soirée est spectaculaire dans les villages du centre et de l'est. Vérifiez la date de l'année qui vous concerne, elle bouge.

Quels fruits trouve-t-on sur les marchés en octobre ?

Le printemps relance les étals : ananas, papayes, bananes de plusieurs variétés, premières mangues selon les années. Les letchis, eux, arrivent plus tard, vers décembre.

Faut-il prévoir un vêtement chaud en octobre ?

Une petite laine pour les soirées et pour les hauteurs de Curepipe, où il fait toujours quelques degrés de moins qu'au bord de mer. Sur la côte, la journée se passe en tenue légère.

Retenez le point de départ : octobre n’est pas un entre-deux, c’est un mois avec une spécialité. Il ne vous donnera pas l’eau à 28 degrés de janvier ni les baleines de juillet, mais il vous donnera le lagon le plus lisible de l’année et une île qui repart en végétation sous vos yeux. Si votre projet ici tourne autour de la mer, dites-le-moi, et nous regarderons ensemble ce que cela change à votre choix de côte comme à votre choix de bien.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.