Couple assis en transats face à un coucher de soleil sur la mer, illustration aux couleurs très saturées

Île Maurice en septembre : météo, baleines et le mois le plus calme

Que faire à Maurice (saisonnier) Romuald Rousseaux 11 min

Si vous venez à Maurice pour rester des heures dans une eau tiède, septembre n’est pas votre mois : le lagon est à 23 degrés, son plancher de l’année, et vous le sentirez. Si vous venez pour à peu près tout le reste, c’est probablement le meilleur des douze.

Je pèse mes mots. Septembre cumule le beau temps sec de l’hiver austral, la dernière fenêtre des baleines à bosse, une visibilité sous l’eau au plus haut, et surtout une île qui se vide d’un coup dès la première semaine, parce que les vacances scolaires européennes sont terminées. C’est le seul moment de l’année où l’on a les conditions de juillet sans la foule de juillet.

Le basculement de la première semaine

Fin août, les avions repartent pleins et ne reviennent pas pleins. En quelques jours, les plages se dégarnissent, les excursions repartent avec de la place, les restaurants n’affichent plus complet. L’île ne change pas de météo entre le 28 août et le 5 septembre : elle change de public.

Quel temps fait-il à l’île Maurice en septembre ?

Septembre est un mois charnière, entre la fin de l’hiver austral et le début du printemps. Comptez 20 à 25 degrés en journée sur les côtes, environ huit heures d’ensoleillement quotidien, et une moyenne de quatre jours de pluie sur l’ensemble du mois. C’est peu, et c’est ce qui fait la réputation du mois.

L’air est sec, comme en août, mais le vent faiblit progressivement et les journées s’allongent. Les soirées restent douces sans être chaudes : une petite laine est utile après le coucher du soleil, et franchement nécessaire si vous montez à Curepipe, où il fait toujours quatre à cinq degrés de moins qu’au bord de mer.

L’eau, elle, est à 23 degrés environ. C’est le point à ne pas escamoter. On s’y baigne très bien, mais une longue séance de snorkeling par temps venté se termine frigorifié, et de jeunes enfants qui restent deux heures dans le lagon en sortent bleus. Une combinaison fine règle le problème et la plupart des clubs en prêtent.

Pourquoi l’île se vide, et pourquoi ça n’a rien à voir avec la météo

C’est le mécanisme que j’essaie de faire comprendre à tous ceux qui me demandent quand venir. Le remplissage des avions vers Maurice ne suit pas le climat mauricien : il suit le calendrier des écoles françaises, belges, suisses et sud-africaines. Juillet et août sont pleins parce que les enfants sont en vacances, pas parce que le temps y est meilleur.

Or septembre offre presque exactement les mêmes conditions qu’août, à un ou deux degrés près et avec un peu moins de vent. La différence de fréquentation, elle, est considérable. Vous payez moins, vous attendez moins, vous partagez moins. C’est du bon sens, et c’est réservé à ceux qui n’ont pas d’enfants scolarisés ou qui savent poser leurs congés ailleurs qu’en août.

Attention toutefois à ne pas idéaliser tout le mois : à partir de la mi-septembre, la demande commence à repartir en vue de la fin d’année, et les tarifs remontent doucement. La vraie fenêtre est la première quinzaine.

Deux randonneurs de dos devant les pitons volcaniques de l'intérieur de l'île Maurice à la lumière du soir
L’intérieur de l’île en fin d’hiver austral : sec, dégagé, praticable toute la journée. C’est la période où les sentiers du sud-ouest sont les plus fréquentables, et où on ne croise presque personne.

Les baleines à bosse : la dernière fenêtre de l’année

Les baleines à bosse remontent dans les eaux mauriciennes pour se reproduire pendant l’hiver austral. Septembre est le dernier mois pleinement favorable, et beaucoup de visiteurs l’ignorent en croyant que la saison dure jusqu’aux fêtes.

Présence des baleines à bosse dans les eaux mauriciennes. La hauteur des barres traduit la probabilité d'en croiser lors d'une sortie, pas un comptage.

  • Mairare
  • Juindébut
  • Juilletinstallée
  • Aoûtpic
  • Septembreencore forte
  • Octobrefin
  • Novembreterminée

Ce sont des animaux sauvages en migration : les dates glissent d'une année sur l'autre et aucune sortie ne peut vous garantir une rencontre. Un opérateur qui vous la promet vous vend autre chose que de l'observation.

Deux choses que je répète à chaque client. Premièrement, aucune sortie ne peut garantir une rencontre : ce sont des animaux sauvages en migration, les dates glissent d’une année à l’autre, et rentrer bredouille fait partie du contrat. Un opérateur qui vous promet le contraire vous vend une histoire.

Deuxièmement, la manière de faire compte autant que le résultat. L’approche est encadrée, et un bateau qui fonce dans un groupe pour vous offrir la photo est un bateau à quitter. J’ai détaillé les questions à poser avant de réserver, et pourquoi je déconseille certaines pratiques très vendues sur l’île, dans l’article consacré à l’observation des dauphins et des baleines.

Vue aérienne d'une baleine à bosse nageant en surface près d'un petit bateau d'observation, au large de l'île Maurice
La bonne distance : un bateau qui se tient à l’écart et laisse l’animal décider. C’est ce à quoi doit ressembler une sortie correctement menée, et c’est ce qu’il faut vérifier avant de payer.

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Le 9 septembre : la journée où l’île marche

Si vous êtes à Maurice le 9 septembre, vous assisterez à quelque chose que très peu de visiteurs voient, et qui dit beaucoup du pays.

Ce jour-là, des dizaines de milliers de Mauriciens convergent à pied vers Sainte-Croix, dans la banlieue nord de Port-Louis, jusqu’au tombeau de Jacques-Désiré Laval, missionnaire français mort en 1864 et béatifié depuis. Ils marchent de nuit, parfois depuis l’autre bout de l’île, par familles entières.

Ce qui frappe un Français, c’est que ce pèlerinage catholique attire des Mauriciens de toutes confessions, hindous et musulmans compris. Pour comprendre comment cette société cohabite réellement plutôt que dans les brochures, une nuit du 8 au 9 septembre en dit plus que dix visites de musée.

Sur le plan pratique : les routes du nord de Port-Louis sont saturées la veille au soir et le jour même. Ne prévoyez ni transfert d’aéroport serré ni rendez-vous à la capitale ce jour-là.

Septembre porte parfois aussi le Ganesh Chaturthi, fête hindoue au cours de laquelle les statues de Ganesh sont portées jusqu’aux rivières et à la mer. Elle suit un calendrier lunaire et tombe selon les années fin août ou début septembre : vérifiez la date de l’année qui vous concerne.

Ce que septembre permet et que l’été interdit

Quatre choses, et elles justifient à elles seules de préférer ce mois.

Marcher. Les gorges de la Rivière Noire, le Piton de la Petite Rivière Noire, la Vallée de Ferney, le Morne Brabant : en septembre l’air est sec et frais, les sentiers sont secs eux aussi, et une randonnée de trois heures reste un plaisir. Essayez la même chose en février, vous comprendrez.

Voir sous l’eau. La saison sèche s’achève, les rivières charrient peu de terre, et le lagon est au plus clair. Blue Bay, Trou-aux-Biches, la Coin de Mire : la visibilité de septembre est parmi les meilleures de l’année.

Conduire et visiter. Port-Louis, Chamarel, les plantations, le sud sauvage de Souillac et Gris-Gris : tout ce qui suppose de rester dehors plusieurs heures devient confortable.

Photographier. La lumière de fin d’hiver austral est franche, l’atmosphère est débarrassée de la brume de chaleur, et les reliefs se découpent nettement. Ce n’est pas anecdotique si vous venez repérer un terrain ou un bien : vous voyez réellement le paysage.

Le conseil que je donne aux couples sans enfants scolarisés

Si rien ne vous oblige à partir en août, prenez la première quinzaine de septembre. Vous aurez la même île pour moins cher, avec les baleines encore là et sans la foule. C’est le meilleur rapport de l’année, et il est ouvert à peu de gens : profitez-en si vous en faites partie.

Le vent, et donc où dormir

L’alizé de sud-est souffle encore en septembre, plus mollement qu’en juillet et août mais suffisamment pour compter dans votre choix d’hébergement.

Pour la plage et la baignade, restez à l’ouest ou au nord : Flic-en-Flac, Tamarin, Trou-aux-Biches, Grand-Baie, Mon Choisy. Ces côtes sont abritées, le lagon y est calme et l’eau y paraît plus chaude, simplement parce que le vent ne vous refroidit pas en sortant.

Pour la glisse, c’est encore la bonne période au Morne et sur la côte est, même si le vent y est moins soutenu qu’au cœur de l’hiver. Les écoles de kitesurf tournent normalement jusqu’en octobre.

Les sorties en mer, enfin agréables

C’est le domaine où le vidage de l’île se sent le plus, parce qu’une excursion en bateau ne se dilue pas : soit vous êtes six, soit vous êtes trente-cinq, et ce n’est pas la même journée.

L’île aux Cerfs, à l’est, est la sortie la plus vendue de Maurice et la plus saturée en août. En septembre, elle redevient ce qu’elle est : un banc de sable et un lagon d’une couleur invraisemblable. Partez tôt, la lumière du matin y est bien meilleure.

L’île aux Bénitiers, au sud-ouest, se combine avec la baie de Tamarin et le Morne. C’est de là que partent la plupart des sorties d’observation des cétacés, ce qui en fait la demi-journée la plus dense du mois.

L’île aux Aigrettes, au sud-est, est une réserve naturelle et un cas à part : on y visite un morceau de la forêt côtière d’origine, avec des espèces endémiques qu’on ne voit nulle part ailleurs, dont des tortues géantes et le pigeon des mares. La visite est guidée et limitée en nombre. C’est la sortie que je conseille aux gens qui pensent que Maurice se résume à des plages.

La Coin de Mire, au large du nord, pour la plongée bouteille. Les sites y sont plus profonds et plus poissonneux que dans les lagons, et la visibilité de septembre les met en valeur.

Ce que septembre ne vous donnera pas

Un article qui ne dit que du bien d’un mois ne sert à rien, alors voici les trois réserves.

L’eau chaude. Je le répète parce que c’est le seul vrai reproche qu’on puisse faire à ce mois : 23 degrés, c’est le plancher annuel. Si votre idée des vacances tropicales est de flotter des heures sans y penser, janvier ou février vous conviendront mieux.

Les journées longues. Le soleil se couche vers 18 heures en septembre, contre 19 heures en décembre. Les soirées commencent tôt, et une excursion mal calée se termine dans le noir.

La végétation à son maximum. L’île sort de six mois secs : elle est belle, dégagée, lisible, mais elle n’a pas le vert éclatant de janvier. Si vous venez photographier des paysages luxuriants, vous serez un peu déçu.

Combien coûte un séjour en septembre

Je ne vous donnerai pas de montants que je ne peux pas garantir, mais la mécanique est claire et elle est utile.

Les tarifs aériens et hôteliers redescendent nettement dès la première semaine de septembre, après le pic d’août. Ils restent bas jusqu’à la mi-septembre environ, puis remontent progressivement vers la fin de l’année. Sur un même hôtel, un même type de chambre et une même durée, l’écart entre la première semaine d’août et la première semaine de septembre est la plus grosse économie disponible sans changer de saison.

Autre effet du calme : la négociation redevient possible sur les excursions, les locations de voiture et les séjours longs. En août, personne n’a besoin de vous ; en septembre, si.

Venir en septembre pour un repérage

Une bonne partie de mes clients ne viennent pas en vacances mais en repérage, et septembre est un mois à double tranchant pour cela.

Ce qui joue en sa faveur : les écoles mauriciennes sont en pleine activité, donc visitables ; les administrations et les banques fonctionnent normalement ; les agents, les notaires et les entrepreneurs sont disponibles, ce qu’ils ne sont plus du tout en décembre. Pour tout ce qui est rendez-vous, dossier et visite, c’est un excellent mois.

Ce qui joue contre : vous voyez l’île à son plus beau. Sec, dégagé, calme, tempéré. Ce n’est pas ainsi qu’elle est en février, et ceux de mes clients qui ont renoncé après leur installation avaient tous fait leur repérage à la belle saison. Faites votre second séjour en plein été austral avant de signer quoi que ce soit ; l’article quand partir à l’île Maurice vous aidera à caler les deux fenêtres.

Vos questions sur l’île Maurice en septembre

Île Maurice en septembre : vos questions

Quel temps fait-il à l'île Maurice en septembre ?

Septembre est un mois de transition entre l'hiver austral et le printemps : 20 à 25 degrés en journée, environ 8 heures de soleil, quatre jours de pluie en moyenne sur le mois et une eau autour de 23 degrés. C'est l'un des mois les plus stables de l'année.

Septembre est-il un bon mois pour venir ?

C'est l'un des meilleurs, et c'est surtout l'un des plus tranquilles. Les vacances scolaires européennes sont finies, les avions se vident, et l'île retrouve un rythme normal tout en gardant le beau temps sec de l'hiver austral.

Peut-on encore voir des baleines en septembre ?

Oui. La fenêtre des baleines à bosse court de juin à septembre environ et septembre en est le dernier mois pleinement favorable. En octobre, les rencontres deviennent rares.

Qu'est-ce que le pèlerinage du père Laval ?

Chaque 9 septembre, des dizaines de milliers de Mauriciens de toutes confessions convergent à pied vers le tombeau de Jacques-Désiré Laval, à Sainte-Croix près de Port-Louis. C'est l'un des rassemblements les plus importants de l'île. Les routes du nord de la capitale sont très chargées ce jour-là et la veille au soir.

L'eau est-elle froide en septembre ?

Autour de 23 degrés, soit le plancher de l'année avec août. On s'y baigne sans difficulté, mais une longue séance de snorkeling par temps venté se termine frigorifié. Une combinaison fine règle le problème.

Les prix sont-ils plus doux en septembre ?

En début de mois, ils redescendent nettement par rapport à août. À partir de la mi-septembre, la demande repart en vue de la fin d'année. C'est une fenêtre courte et elle est intéressante.

Faut-il craindre le vent en septembre ?

L'alizé souffle encore, moins fort qu'en juillet et août. Il rafraîchit la côte est et le sud-est. L'ouest et le nord restent abrités : c'est là qu'il faut être si vous venez pour la plage plutôt que pour la glisse.

Septembre est le mois que je recommande le plus souvent, et c’est aussi celui que l’on me demande le moins. La raison est bête : il ne figure sur aucun calendrier scolaire. Si vous avez la liberté de choisir vos dates, c’est un avantage réel, et il serait dommage de le dépenser en août. Dites-moi ce que vous venez chercher ici, et je vous dirai si septembre est votre mois ou s’il faut viser ailleurs. Expat un jour, expat toujours, mais on commence tous par un premier séjour bien choisi.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.