Montage d'illustration réunissant les sports nautiques pratiqués à l'île Maurice

Sports nautiques à l’île Maurice : plongée, kitesurf et le bon côté de l’île

Tourisme et Loisirs Romuald Rousseaux 11 min

On imagine le lagon mauricien comme une piscine tiède et immobile, bonne pour barboter une heure entre deux siestes. Cette image a la vie dure, et c’est celle qui produit la remarque qui m’agace le plus depuis quinze ans : « c’est joli, mais au bout d’une semaine on s’ennuie ».

La réalité est qu’un anneau de corail entoure presque toute l’île, qu’il crée deux milieux radicalement différents de part et d’autre, et qu’un vent dominant souffle huit mois sur douze. Trois conditions qui font de Maurice l’un des terrains de sports nautiques les plus complets de l’océan Indien, et surtout l’un des plus variés : ce qui est impossible sur une côte est excellent sur celle d’en face, le même jour.

Encore faut-il savoir de quel côté aller, et quand. C’est tout l’objet de cet article.

Le paramètre qui commande tout : l’alizé

Si vous ne retenez qu’une chose, que ce soit celle-ci. Un vent dominant, l’alizé de sud-est, souffle sur Maurice de façon régulière, avec un maximum d’intensité pendant l’hiver austral, en gros de mai à octobre.

Ce vent partage l’île en deux façades qui ne se ressemblent pas :

  • La côte est et le sud-est reçoivent le vent de plein fouet. Mer formée, clapot dans le lagon, houle sur le récif. C’est mauvais pour la plongée et pour la baignade contemplative, c’est excellent pour tout ce qui se pratique avec une voile.
  • La côte ouest et le nord-ouest sont sous le vent, abrités par le relief. Eau plate, visibilité meilleure, mer maniable. C’est là que se concentrent la plongée, la pêche au large et les sorties en bateau.

D’où une conséquence pratique que beaucoup de visiteurs découvrent trop tard : choisir son hôtel, c’est choisir ses activités. Un séjour de plongée sur la côte est en août sera frustrant. Une semaine de kitesurf à Trou aux Biches le sera tout autant, pour la raison inverse.

L'alizé partage l'île en deux façades

Le vent dominant vient du sud-est, avec un maximum d'intensité de mai à octobre. Choisir sa base, c'est choisir ses activités.

Au vent Est et sud-est

Belle Mare, Pointe d'Esny, Le Morne, Anse La Raie

  • Kitesurf et planche à voile
  • Vagues de récif pour les confirmés
  • Air plus frais en hiver austral
  • Plongée souvent compromise
  • Clapot dans le lagon
Sous le vent Ouest et nord-ouest

Flic en Flac, Tamarin, Trou aux Biches, Grand-Baie

  • Plongée et snorkeling
  • Pêche au gros, tombant tout proche
  • Eau plate, sorties en bateau
  • Peu ou pas de vent pour la glisse
  • Plus chaud en été austral

L'île fait soixante-cinq kilomètres de long : la façade opposée reste à trente ou quarante minutes de route.

C’est aussi pourquoi la question « quelle est la meilleure période » n’a pas de réponse unique : elle dépend entièrement de ce que vous venez faire. Mon article sur quand partir à l’île Maurice traite ce point mois par mois, et celui sur l’île Maurice en juin est entièrement consacré au vent et aux sports qu’il rend possibles.

La plongée : ce que le lagon cache vraiment

C’est l’activité nautique la plus pratiquée ici, et la plus mal expliquée. Commençons par corriger une erreur qui figurait dans la version précédente de cet article et qu’on lit partout.

Non, la meilleure saison de plongée n'est pas l'été austral

La version précédente de cette page annonçait la période de novembre à avril comme la meilleure pour la plongée, au motif que la mer serait calme et la visibilité optimale. C’est l’inverse sur le point qui compte : ce sont les mois les plus arrosés de l’année, les rivières chargent le lagon en sédiments après les fortes pluies, et la saison cyclonique officielle court du 15 novembre au 30 avril. La visibilité est en général meilleure une fois la saison des pluies passée. J’ai consacré tout un article à l’état du lagon en octobre, qui est de ce point de vue l’un des meilleurs mois de l’année.

La vérité est plus nuancée que « telle saison est la bonne » :

  • La côte ouest se plonge quasiment toute l’année, parce qu’elle est protégée du vent dominant. C’est le choix par défaut, et c’est là que se trouvent la plupart des clubs.
  • Après un épisode de fortes pluies, comptez quelques jours avant que la visibilité redevienne bonne près des embouchures.
  • De mai à octobre, l’est et le nord-est deviennent difficiles d’accès en bateau les jours de vent soutenu.
  • L’eau est chaude toute l’année, entre environ 22 et 28 degrés selon la saison. Une combinaison fine suffit, sauf pour les longues immersions en hiver austral.

Ce que vous verrez, selon votre niveau

Le lagon et le tombant extérieur ne sont pas le même monde, et c’est une distinction essentielle.

Dans le lagon, en palmes, masque et tuba, vous êtes dans deux à quatre mètres d’eau, sur des patates de corail. Poissons de récif, poissons-perroquets, poissons-clowns, parfois des tortues. C’est accessible à tout le monde, y compris à des enfants qui savent nager, et cela ne demande aucun brevet. Blue Bay, dans le sud-est, reste la référence pour cela, avec le statut de parc marin protégé qui va avec.

Au-delà de la barrière, on change d’échelle : tombants, canyons, épaves coulées volontairement, et une faune plus grande. C’est là que se plongent les sites qui ont fait la réputation de l’île, essentiellement au départ de Flic en Flac, Trou aux Biches et Grand-Baie. Il faut être breveté, et le niveau requis dépend de la profondeur du site.

Nageur en palmes, masque et tuba au-dessus d'un récif corallien dans le lagon mauricien
Le snorkeling dans le lagon ne demande aucun brevet et reste, pour beaucoup de visiteurs, le plus beau souvenir du séjour. Le matériel se loue partout, mais un masque à sa taille change tout.

Sur les brevets, une précision qui revient souvent : il n’existe pas de « permis de plonger mauricien » à demander. Ce sont les règles habituelles des fédérations qui s’appliquent, votre carte de niveau et votre carnet vous seront demandés par le club, et un baptême reste possible sans aucune qualification, encadré par un moniteur. Les clubs sérieux vérifient les certifications, et c’est bon signe quand ils le font.

Comment choisir son club

Les critères qui comptent, dans l’ordre :

  1. Le nombre de plongeurs par moniteur. Au-delà de quatre en milieu naturel, la surveillance devient théorique.
  2. L’état du matériel, et notamment des détendeurs. Regardez le local avant de réserver.
  3. Le temps de navigation jusqu’aux sites. Un club bien placé vous met à l’eau en quinze minutes.
  4. La politique en cas d’annulation météo, qui doit exister et vous être expliquée sans que vous ayez à la demander.

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Le kitesurf, et pourquoi Le Morne est célèbre

C’est l’autre grande discipline de l’île, et celle dont la réputation dépasse largement Maurice.

Le site du Morne, à la pointe sud-ouest, réunit une combinaison que l’on trouve rarement : un vaste lagon peu profond et plat pour apprendre et progresser en sécurité, et, juste derrière la barrière, une vague de récif réputée parmi les plus exigeantes de l’océan Indien. Débutants et riders confirmés y trouvent leur compte au même endroit, ce qui explique la densité d’écoles installées là.

Pointe d’Esny et Anse La Raie complètent l’offre sur d’autres façades, avec des conditions différentes selon l’orientation du vent du jour.

La saison est celle de l’alizé : de mai à octobre environ, avec un cœur de saison très fiable en juin, juillet et août. Le reste de l’année, le vent devient irrégulier, sans disparaître complètement.

L'erreur qui coûte cher : réserver le mauvais côté

La version précédente de cet article recommandait Le Morne à la fois pour la plongée et pour le kitesurf, et vantait des « eaux calmes et claires » pour la glisse. C’est contradictoire : ce qui fait un bon spot de kitesurf, c’est le vent, et le vent est exactement ce qui dégrade la plongée et la visibilité. Si vous partez à deux avec des envies différentes, l’un plongeur et l’autre kitesurfeur, ne cherchez pas l’hôtel qui fait les deux parfaitement : il n’existe pas. Choisissez une base et acceptez trente à quarante minutes de route pour l’activité de l’autre. L’île fait soixante-cinq kilomètres de long, tout est atteignable dans la journée.

Pour se faire une idée de ce que donne le lagon du Morne un jour de vent établi, rien ne vaut quelques minutes d’images :

Les autres disciplines du lagon

La planche à voile obéit aux mêmes règles que le kitesurf et se pratique sur les mêmes façades, avec une courbe d’apprentissage plus douce pour les enfants.

La voile légère et le catamaran se pratiquent partout, avec une préférence pour les plans d’eau abrités de Grand-Baie et de Trou d’Eau Douce. La plupart des hôtels prêtent des dériveurs, ce qui en fait l’activité la moins chère de la liste.

Le kayak est la sortie que je recommande le plus volontiers aux familles, parce qu’elle ne demande aucune compétence et donne accès à des endroits inaccessibles autrement. La remontée de l’estuaire de Tamarin dans la mangrove au petit matin, ou la traversée vers l’île aux Bénitiers, valent largement une excursion organisée.

Le surf existe, à Tamarin notamment, mais reste une affaire de connaisseurs : les vagues cassent sur du récif peu profond et cela ne pardonne pas les erreurs de placement.

Le stand up paddle s’est imposé partout dans le lagon, idéalement tôt le matin avant que le vent ne se lève.

Et le reste : pêche, golf, montagne

Trois disciplines majeures de l’île sortent du cadre de cet article, et chacune a le sien.

La pêche au gros est une activité à part entière, avec sa saison, ses ports et sa réglementation. Le tombant qui plonge à mille mètres à deux milles de la côte ouest en fait l’une des meilleures destinations mondiales pour le marlin bleu. Tout est dans mon article sur la pêche au gros et sa réglementation.

Parcours de golf tropical bordé de plans d'eau et de bunkers de sable à l'île Maurice
Les parcours mauriciens sont l’une des raisons pour lesquelles des retraités actifs choisissent l’île. Le golf y est un sport de plein air praticable toute l’année, ce qui n’est le cas nulle part en France.

Le golf est probablement le sport qui compte le plus dans les décisions d’installation de mes clients, l’île comptant plusieurs parcours de niveau international sur un territoire minuscule. J’y consacre un article séparé.

La randonnée est le contrepoint terrestre de tout ce qui précède, et c’est une vraie surprise pour qui n’attendait de Maurice qu’une plage : point culminant à 828 mètres, parc national, gorges et cascades. Voir mon article sur les randonnées à l’île Maurice.

Enfin, l’observation des baleines et des dauphins, entre juillet et septembre, est l’une des expériences les plus fortes que l’île propose. Elle mérite d’être faite correctement, et j’explique dans l’article qui lui est consacré pourquoi je déconseille la nage avec les dauphins telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Les règles à connaître avant de se mettre à l’eau

Elles sont peu nombreuses et rarement expliquées aux visiteurs.

  • Ne touchez pas le corail, ne marchez pas dessus, n’en ramassez pas, même mort. Le prélèvement est interdit.
  • Les parcs marins de Blue Bay et de Balaclava imposent des règles spécifiques, dont l’interdiction de la pêche.
  • La chasse sous-marine avec bouteille est interdite.
  • Les distances d’approche des cétacés sont réglementées, et la nage avec les baleines est proscrite.
  • Les passes du récif génèrent des courants sortants puissants à marée descendante. C’est le vrai danger du lagon, bien plus que les animaux marins. Demandez toujours où sont les passes sur votre plage.

Sur ce dernier point, un mot de contexte : les plages mauriciennes ne sont pour la plupart pas surveillées, et le lagon donne un faux sentiment de sécurité parce que l’eau y est peu profonde et calme. Renseignez-vous auprès des locaux plutôt que de vous fier à l’aspect de la surface. J’aborde ces questions de sécurité au quotidien dans mon article sur la sécurité à l’île Maurice.

Quelle est la meilleure période pour plonger à l'île Maurice ?

La question n'a pas de réponse unique, et l'idée répandue selon laquelle l'été austral de novembre à avril serait la meilleure saison est trompeuse : ce sont les mois les plus arrosés, les rivières chargent le lagon en sédiments et la saison cyclonique court du 15 novembre au 30 avril. La côte ouest se plonge en pratique presque toute l'année car elle est protégée du vent dominant, et la visibilité est en général meilleure une fois la saison des pluies passée. Après un épisode de fortes pluies, comptez quelques jours près des embouchures.

Faut-il un brevet pour plonger à Maurice ?

Il n'existe pas de permis de plonger mauricien à demander. Ce sont les règles habituelles des fédérations qui s'appliquent : le club vous demandera votre carte de niveau et votre carnet de plongée, et le niveau requis dépend de la profondeur du site. Un baptême reste possible sans aucune qualification, encadré par un moniteur. Un club qui vérifie sérieusement les certifications est un bon signe, pas une contrainte.

Où faire du kitesurf à l'île Maurice ?

Le Morne, à la pointe sud-ouest, est le site le plus connu et il réunit une combinaison rare : un vaste lagon peu profond et plat pour apprendre en sécurité, et juste derrière la barrière une vague de récif réputée parmi les plus exigeantes de l'océan Indien. Pointe d'Esny et Anse La Raie complètent l'offre sur d'autres façades. La saison est celle de l'alizé, de mai à octobre environ, avec un cœur très fiable en juin, juillet et août.

Peut-on plonger et faire du kitesurf au même endroit ?

Non, et c'est l'erreur qui gâche le plus de séjours. Ce qui fait un bon spot de kitesurf, c'est le vent, et le vent est exactement ce qui dégrade la plongée et la visibilité. L'alizé de sud-est partage l'île en deux façades : l'est et le sud-est pour tout ce qui se pratique avec une voile, l'ouest et le nord-ouest pour la plongée et les sorties en bateau. Si vous partez à deux avec des envies différentes, choisissez une base et acceptez trente à quarante minutes de route pour l'activité de l'autre.

Le snorkeling est-il accessible aux débutants et aux enfants ?

Oui, c'est même l'activité que je recommande le plus volontiers. Dans le lagon, vous évoluez dans deux à quatre mètres d'eau au-dessus de patates de corail, sans aucun brevet requis, avec des poissons de récif et parfois des tortues. Blue Bay, dans le sud-est, reste la référence avec son statut de parc marin protégé. Le matériel se loue partout, mais prenez le temps de choisir un masque à votre taille : c'est ce qui fait la différence entre une belle sortie et une heure d'eau salée dans le nez.

Quels sont les vrais dangers du lagon ?

Pas les animaux marins, contrairement à ce qu'on imagine. Le danger réel, ce sont les courants sortants puissants qui se forment dans les passes du récif à marée descendante. Le lagon donne un faux sentiment de sécurité parce que l'eau y est peu profonde et calme, et la plupart des plages mauriciennes ne sont pas surveillées. Demandez systématiquement où se trouvent les passes sur la plage où vous vous baignez, et renseignez-vous auprès des habitants plutôt que de vous fier à l'aspect de la surface.

Y a-t-il d'autres sports que le nautique à l'île Maurice ?

Beaucoup, et c'est ce qui ruine l'idée reçue selon laquelle on s'ennuierait ici au bout de six mois. La randonnée est le contrepoint terrestre du lagon, avec un point culminant à 828 mètres, un parc national de 6 700 hectares et des sommets courts et raides. Le golf compte plusieurs parcours de niveau international sur un territoire minuscule, praticable toute l'année. S'y ajoutent la pêche au gros, qui est une discipline à part entière, et l'observation des baleines entre juillet et septembre.

Ce que j’en dis

« Il n’y a rien à faire à Maurice » est l’idée reçue qui m’agace le plus, et c’est aussi la plus facile à démonter : entre le lagon, le large, le vent et la montagne, l’île propose plus de disciplines praticables toute l’année que la plupart des régions françaises. Ce qui manque n’est pas l’offre, c’est l’information : les visiteurs choisissent leur hôtel sur une photo de plage et découvrent ensuite qu’ils sont du mauvais côté pour ce qu’ils voulaient faire.

Pour ceux qui envisagent de s’installer, cette question mérite d’être traitée avant l’achat et non après. Je pose systématiquement la question à mes clients : que ferez-vous de vos matins ? Un plongeur et un kitesurfeur n’achètent pas dans la même région, et un bien acheté sur la mauvaise façade se revend certes, mais après deux ans de trajets qu’on aurait pu éviter. C’est un critère au moins aussi déterminant que la vue depuis la terrasse, et il ne figure sur aucune annonce.

Dites-moi ce que vous pratiquez et venez passer une semaine avec moi : je vous ferai essayer les deux façades avant que vous ne regardiez le premier bien. Expat un jour, expat toujours, et ceux qui restent sont ceux qui ont trouvé ici le sport qu’ils n’avaient plus le temps de faire ailleurs.

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Romuald Rousseaux

Romuald Rousseaux

Depuis 2001, l'immobilier est mon métier, d'abord sur la Côte d'Azur, dans le luxe. Il y a quinze ans, nous avons acheté ici une résidence secondaire ; nous n'en sommes jamais repartis. La sécurité, l'école des enfants, le climat : l'évidence s'est imposée d'elle-même.

J'accompagne aujourd'hui des expatriés, des retraités et des investisseurs, souvent les trois à la fois. Mon rôle n'est pas de vous vendre un bien, c'est de vous dire lequel vous correspond, quitte à vous dire d'attendre. Ce qui doit être pour vous sera pour vous.

Expat un jour, expat toujours.